Pendant qu’il est cité à comparaître ce mercredi au procès des massacres du 28 septembre en tant que l’un des acteurs principaux de ces évènements, Moussa Dadis Camara est convoqué ce mardi au tribunal de première instance de Dixinn. Mais qu’est-ce qui justifie cette convocation avant l’ouverture du procès prévue dans 24h ? Sera t-il mis en prison ?
Maître Pépé Antoine Lamah a apporté des précisions sur ces questions. Il s’agit d’un interrogatoire préalable qui n’a rien d’extraordinaire aux yeux de son Conseil. Ce membre du Collectif de Défense du chef de la junte de 2009 prévient en cas de volonté d’incarcération de son client. Il soutient qu’il s’agira d’une volonté de faire échouer le procès qui a peiné à voir jour depuis plus de 10 ans.
« C’est une invitation prévue à l’ouverture des débats en audience publique sur le fondement des dispositions des articles 252 alinéa 2, 383 et 386 du code de processus pénal. C’est un interrogatoire au cours du quel le Président du tribunal s’assure de l’identité de l’accusé et de la réalité qu’il constitue l’avocat. Bref, c’est pour s’assurer que vraiment l’accusé qui a été envoyé sur le tribunal criminel et les conditions de ses défenses sont réunis avant l’audience. Cet interrogatoire devrait être avoir lieu le 21 Septembre 2022, malheureusement à cette date, le Président Moussa Dadis Camara n’était pas au pays et nous avions demandé au Président du tribunal un report et le Président a accédé à notre demande et nous avons par la suite reçu cette invitation aujourd’hui », précise l’avocat de l’ancien président.
Sur la question de ses craintes liées à une éventuelle incarcération de son client, Maître Pépé trouve de mots.
« Si on va à ce niveau, je pense que ça serait très grave et là, nous n’allons pas tolérer ce genre de comportement. L’article 645 du code pénal est très clair. Un administrateur pénitentiaire reçoit une personne en détention sans type de détention est facile de poursuivre et la peine va jusqu’en 3ans et le magistrat qui tentera de violer ouvertement la loi, nous avons aussi plusieurs voies. Nous pouvons tant aller au niveau du Conseil supérieur de la Magistrature déposer des plaintes pour insuffisance aux causes professionnelles ou faute professionnelle et nous n’hésiterons pas pourquoi pas au pénal car nul n’est au dessus de la loi. Mais moi je pense que la sagesse va guider et nous espérons compter sur la bonne compréhension des magistrats en charge du dossier pour ne pas faire une interprétation de la loi qui pourrait contribuer à saboter ce procès », martèle Me Pépé Antoine Lamah chez nos confrères de Fim Fm ce mardi.
Adama Diallo