Sur les ruines de l’ancien domicile privé de Cellou Dalein Diallo, Président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée, il existe désormais une école publique élémentaire qui porte le nom de Diawadou Barry, premier ministre de l’éducation de la Guinée indépendante. Elle est composée de 18 salles de classes, une bibliothèque, trois bureaux pour l’encadrement, une salle de formation des enseignants, une cantine scolaire, une infirmérie, des toilettes de 10 cabines et un terrain de basket-ball. Le coût de cette réalisation présidentielle s’élève à 12 milliards de francs guinéens selon les informations données par le Ministre en charge de l’enseignement pre-universitaire et de l’alphabétisation, Hawing Guillaume lors de la cérémonie d’inauguration le 07 octobre 2022. Mais au sein de la classe syndicale dans le secteur de l’éducation, l’on estime que cette somme est faramineuse pour une école de 18 salles de classes seulement.
Aboubacar Bangoura dit Roméo, membre du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, dit à qui veut l’entendre qu’il y a anguille sous roche dans l’utilisation de ce montant. Car pour lui, la construction d’une salle de classe en Guinée, n’a jamais dépassé 150 millions de nos francs. A la suite de ses propres calculs, il fait croire qu’il y a eu détournement d’argent dans cette affaire. C’est pour cette raison qu’il demande à la Cour de Répression des Infractions économiques et financières (CRIEF), de se saisir de ce dossier pour en savoir davantage sur le reste du montant.
« C’est la première fois que la construction d’une école publique élémentaire de 18 salles de classes coûte au gouvernement guinéen 12 milliards de nos francs, soit 666.666.666, 67 fg par classe, sachant que la construction d’une salle de classe a toujours coûté 150.000.000 fg à la Guinée. Une vérité absolue ! La moitié de ses 12 milliards pouvait servir à la rénovation du collège Lansana Béavogui de Matoto puis celle du logement du principal. Où est passé le Procureur spécial de la CRIEF? 12 milliards pour 18 salles, c’est trop », a-t-il fustigé.
Par ailleurs ailleurs, d’autres syndicalistes ont une idée contradictoire par rapport au choix de Diawadou Barry dont l’école porte le nom désormais. Parmi eux Aboubacar Diesto Camara, chargé de communication du syndicat national de l’éducation. Pour lui, le mieux serait de donner le nom de cette école à Cellou Dalein Diallo. Ce, pour aplanir les tensions dans la cité selon ses mots.
« Il était mieux de bâtir le nom de cette école au propriétaire du domaine pour un apaisement. Car l’affaire est encore pendante au niveau de la justice », a-t-il souhaité.
Yam’s Cheick Camara
