C’est dans la nuit du jeudi 20 octobre suite à la manifestation organisée par le FNDC faisant plusieurs blessés que Mamadou Moussa Diallo a été abattu par des agents des forces de l’ordre à Baïllobaya, dans la Commune de Dubréka. Âgée d’une vingtaine d’années, la victime a reçu des balles alors qu’il était à la recherche de sa maman, a appris une des reporters de Maguineeinfo.com, basée dans la zone.
Interrogée par Maguineeinfo.com, la mère du jeune marié dit avoir vécu la scène qui a mis fin aux jours de son fils.
« Mon enfant dormait jusqu’à l’heure de la prière quand il s’est levé, il ne m’a pas vu, il est allé à ma poursuite, quand il est sorti, il a croisé deux policiers qui se cachaient, le temps pour lui de courir, les policiers l’ont aperçu et ont tiré sur mon enfant. Je les ai entendu dire « c’est bon ». Je me suis dit, ils ont tiré sur qui comme ça? Je me suis déplacée douceur, sur la route, j’ai trouvé Mamadou Moussa couché à terre, ses pieds écartés, du sang partout sur lui. Je me suis faufilée, mais c’était bien mon fils, j’ai crié, ses amis sont venus le prendre. C’est moi que mon fils suivait parce qu’il ne m’a pas vu à la maison. 9 mois 10 jours dans le ventre et 3 ans sur le dos, c’est moi qu’il était sorti chercher parce qu’il ne m’a pas vu. Cela fait deux ans depuis qu’il s’est marié », s’alarme Fatoumata Binta Diallo, qui ne cesse de pleurer son fils.
Les multiples demandes de la famille d’avoir le corps du jeune sont restées vaines. On apprend qu’il a été transporté dans un des hôpitaux publics du Conakry.
« Ils ont dit qu’on ne pourra pas récupérer le corps aujourd’hui parce qu’ils vont l’envoyer à la morgue Chino-guinéen ou Ignace Deen, mais on fera tout pour le récupérer même si on doit donner de l’argent. Il est déjà mort, pourquoi ne peut-on pas avoir le corps aujourd’hui », s’indigne un proche de la victime.
Dans la matinée de ce vendredi, le Ministre de la Justice a annoncé des poursuites judiciaires contre les agents soupçonnés de tirer sur des manifestants.
Aïssatou Diallo
