Deux ans en commençant par le mois au janvier 2023, c’est la durée de la transition guinéenne qui a débuté depuis le 05 septembre dernier, date du Coup d’Etat qui a éjecté Alpha Condé de son fauteuil présidentiel. C’est l’accord trouvé entre la communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest et le Gouvernement guinéen qui a finalement lâché prise pour obtenir l’aide financière de l’institution sous-regionale. Ce, afin de planifier la sortie de la transition en cours. Cependant, certains acteurs politiques restent toujours dubitatifs sur la volonté du CNRD à organiser les élections et passer la main à un civil. C’est le cas du Président du MODEL qui émet des doutes après cet accord de la dernière minute.
La junte militaire guinéenne a-t-elle signé cet accord afin de tromper la vigilance de la classe politique et sociale du pays qui tient mordicus à un retour rapide à l’ordre constitutionnel ? La réponse d’Aliou Bah est Oui. Pour ce leader politique, rien ne garantit ce protocole d’accord entre la CEDEAO et le CNRD.
« Obtenir un accord avec la CEDEAO portant sur le délai sur la base d’une expertise technique de celle-ci, en si peu de temps, il est même raisonnable d’émettre des doutes sur l’évaluation profonde qui a été faite. Ensuite, torpiller le processus par des manœuvres dilatoires pour prouver que le délai obtenu dans l’accord n’était pas réaliste. La junte pourra ainsi engager la responsabilité de la CEDEAO sur un éventuel rallongement de la transition. Pour la simple raison qu’elle pourra dire que la CEDEAO lui a « tordu le bras » avec la compression de l’exécution de son chronogramme initial. Avec cet accord entre deux parties, la junte cherchera à isoler la classe politique et les organisations de la société civile qui ne sont pas à sa dévotion. Ceci pour éviter de discuter du sort des prisonniers et exilés politiques, de l’interdiction illégale de l’exercice des libertés collectives, et toutes les autres formes de violence, restrictions et menaces sur les droits des citoyens. Ainsi le bras de fer risque de continuer et la junte trouvera un bouc émissaire pour cacher ses propres manœuvres », a-t-il averti.
Pour Aliou Bah, si la junte a finalement accepté de faire pacte avec la CEDEAO, c’est pour éviter les sanctions de celle-ci et gagner du temps.
« Espérons que cet accord sera effectif dans l’intérêt de la démocratie et la paix sociale dans notre pays. Mais ma perception est que la junte veut jouer un gros coup pour gagner du temps, éviter momentanément les sanctions et bénéficier du soutien éventuel de l’opinion publique nationale et internationale », analyse t-il.
Yam’s Cheick Camara









