Depuis quelques mois, la Grippe aviaire fait un ravage dans plusieurs fermes du pays. Cette maladie a causé d’énormes pertes pour les aviculteurs. 8 mois après avoir cédé à la demande du Ministère de l’Elevage sur l’abattage de leurs poules, les victimes affichent des remords suite au non respect de l’engagement pris par les autorités. Mobilisés en grand nombre, ces victimes ont envahi ce jeudi, 03 novembre 2022, la devanture du Palais Mohamed V où se tenait le Conseil des Ministres. Cette stratégie vise à alerter tout le Gouvernement sur la situation.
Ils ont déploré « la sourde-oreille » du Ministère de tutelle et exige une indemnisation conformément aux pertes enregistrées. Les 111 aviculteurs déplorent une perte estimée à 40 milliards de francs guinéens.
« Le 26 octobre dernier, nous avons lancé un sit-in devant notre ministère, le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage que nous considérons d’ailleurs comme notre père. Aujourd’hui comme vous le constatez, soit ils n’ont pas une volonté de nous écouter ou de nous consulter dans la situation que nous traversons. Il y a de cela huit (8) mois, que nous sommes dans l’abandon. Nous avons été victimes de la Grippe aviaire avec plus de 400.000 poules abattues et mortes pendant l’abattage du Ministère de l’Elevage et de l’Agriculture. Pendant ce temps, le code de l’élevage nous dit que: les éleveurs sont tenus obligés d’informer le département concerné et nous l’avons fait pour éviter que la population soit touchée par la maladie. Le décret promulgué le 13 avril 2021 prévoit une indemnisation après l’abattage des poules et aujourd’hui notre Ministère nous parle d’un prêt remboursable à travers sa page officielle. Pendant ce temps, nous avons majoritairement contracté des prêts pour débuter nos projets, dans tout ça où est le respect du code de l’élevage »?, s’interroge l’un des manifestants.
Outrés par ce qu’ils appellent énormes pertes, les manifestants exigent une indemnisation immédiate et sans condition.
« C’est pourquoi nous interpellons, à travers ce sit-in, le Président Mamadi Doumbouya ainsi que le Ministre de la Justice parce que lorsqu’on parle du processus de la réfondation, il faut que ça passe par le respect des textes. Nous manifestons donc pour que cet appel tombe dans les oreilles du Ministre de la Justice et que nous soyons rétablis dans nos droits en étant indemnisés, comme le prévoit le code de l’élevage et le décret présidentiel », exige les protestataires.
Si rien n’est fait par les autorités courant cette semaine, les victimes promettent de descendre à nouveau, devant la Présidence de la République avec des bagages, notamment des matelas pour y dormir. Ce, afin d’être entendues par le Pouvoir.
Siradio Kaalan Diallo









