Visiblement le coordinateur national du front national pour la défense de la constitution et le responsable en charge des opérations du même mouvement sont fatigués de passer des nuits en prison sans avoir une idée sur la programmation de leur procès. Ils ont exprimé cette inquiétude à travers une déclaration rendue publique pour la cause.

Et dans ladite déclaration,  Foniké Mènguè et Ibrahima Diallo prennent pour responsable la junte militaire qui aurait montré son opposition vis-à-vis de l’ouverture d’un procès juste et équitable dans l’affaire qui les concerne. Ils informent donc l’opinion publique nationale et internationale sur une certaine instruction donnée au Ministre de la justice et des droits de l’homme dans le cadre de leur détention prolongée en prison.

« En dépit des garanties prévues par l’article préliminaire du code de procédure pénal stipulant que tout citoyen en détention a droit à un procès juste et équitable, tenu dans un délai raisonnable et dans lequel le droit à la défense est garanti, nous sommes détenus sur aucune base légale. Les informations qui nous parviennent font état de l’opposition du CNRD, la junte militaire, à l’organisation de notre procès. Le Ministre de la justice est celui qui a été instruit par la junte militaire de retarder notre procès, voire l’empêcher par tous les moyens possibles, par crainte de nous voir acquitter dans un contexte où nous pouvons inquiété la nébuleuse CNRD dans sa volonté de confisquer le pouvoir longtemps. Le FNDC étant le fer de lance du combat pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée », accusent-ils.

Ces deux activistes de la société civile estiment que cette opposition qualifiée d’injustifiée et d’inacceptable du CNRD d’organiser leur procès, est la preuve matérielle pour démontrer qu’ils sont  des prisonniers personnels du Colonel Mamadi Doumbouya, le chef de la junte et ses hommes. Ce qui pourrait avoir selon eux des conséquences graves sur la préservation de la paix et de la quiétude sociale en Guinée.

« Nous attirons l’attention de l’opinion internationale sur le fait que notre pays la Guinée devient de plus en plus un État de non droit gouverné par la loi du plus fort. Cette situation risque de compromette les efforts de paix et de stabilité en Guinée en conduisant ainsi notre pays vers une destination catastrophique », alertent les activistes emprisonnés.

« Nous invitons les citoyens pro démocratie à rester mobilisés et déterminés à l’écoute de la coordination nationale du FNDC pour des actions citoyennes et pacifiques dans le seul but de sauver notre patrie et de préserver les acquis démocratiques chèrement conquis au prix du sang des vaillants combattants de la liberté et la démocratie », ont-ils lancé.

Depuis le mois d’août dernier, Oumar Sylla et Ibrahima Diallo ont été arrêtés et conduits à la maison centrale de Coronthie pour des faits présumés de participation à un attroupement non autorisé, de pillages, incendies volontaires entre autres.

Yam’s Cheick Camara