L’heure du capitaine Moussa Dadis Camara a sonné au tribunal criminel de Dixinn délocalisé à l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry. Après un report d’une semaine accordé pour des raisons de santé, l’ancien chef de la junte militaire en 2008, est revenu ce 12 décembre pour dire ses vérités dans l’affaire des massacres du 28 septembre 2009. Massacres aucours desquels plus de 150 personnes ont été tuées selon le rapport des Nations-Unies. Mais tout cela a été orchestré par l’ancien président Président Alpha Condé, l’ancien ministre de la défense au moment des faits, le Génégal Sekouba Konaté Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba.
La version de Dadis est venue s’opposer à celle de Toumba qui le prenait pour responsable les cas de meurtres, viol, vol, séquestrations entre autres le 28 septembre au stade du même nom en 2009. À la barre ce 12 décembre, le capitaine ne passe par par mille chemins pour indexer les commentaires de ces événements. Ce sont selon ses mots, ces deux anciens hommes de confiance et l’ancien président déchu le 05 septembre 2021 suite à un Coup d’Etat.
« Le 28 septembre a été orchestré, préparé de toute pièce par monsieur le président Alpha Condé, Sékouba et leur exécutant Toumba Diakité. Comment ils ont formé le coup ? Le président Alpha, quand je vais commencer à faire les détails, il s’est rendu compte que je n’étais pas un homme qu’on pouvait manipuler. Pour preuve, quand il s’agit des questions des audits, entre Dieu et moi et tout ce qui m’est chère, le jour où le Président Alpha est venu me voir dans mon bureau, la première chose qu’il m’a posée: le voleur est dans ton filet. J’ai dit quel voleur ? Il m’a dit monsieur Cellou Dalein Diallo. J’ai même fait une vidéo. Ce que je dis est encore là. Je lui ai dit que j’ai compris. Le lendemain, qu’est-ce qui se passe ? Je vois monsieur Dalein devant moi. Je lui ai dit qui t’a dit de venir ici ? Il dit que vous voulez me voir. Je dis non, quittez ici. Et quand cela s’est passé, le professeur Alpha Condé prenait tout son temps pour voir mes vidéos. Donc, il a compris que l’acte que je viens de voir là, si le monsieur là, je le laisse au pouvoir, il va donner à qui va le mériter. C’est là où j’ai eu tous les problèmes », a-t-il révélé devant juges et avocats.
Yam’s Cheick Camara
