Le Gouvernement donne jusqu’au 31 mars prochain aux fonctionnaires et contractuels de l’Etat pour se procurer de la carte d’identité nationale biométrique. Faute de quoi, aucun salaire ne sera perçu par les concernés. Depuis cette annonce, les Mairies repoussent du monde, venu se faire la pièce exigée. C’est le constat fait par un reporter de Maguineeinfos.org ce jeudi, 02 février 2023, notamment dans la Mairie de Ratoma.
Le constat de notre rédaction révèle un calvaire difficile à décrire. Dans cette importante municipalité, les citoyens se font du cheveux blanc pour espérer avoir leurs pièces. Mais ce retard dans la procédure est en grande partie liée au manque de matériels suffisants à l’état civil. C’est en tout cas la révélation faite par l’un des agents trouvé sur place. Au micro de Maguineeinfos.org, Monsieur Aliou Souaré évoque également le manque d’indulgence des citoyens envers les agents de la Mairie.
« Si les moyens ne nous accompagnent pas, je pense que les difficultés vont perdurer. La première difficulté, on a fait l’obtention des extraits numériques comme le plat le plus coûteux en République de Guinée, le plus convoité ou chacun voudrait en profiter. Dans un temps minimum et le Guinéen n’est pas très patient. La patience n’existe pas et toutes personnes qui viennent il faut être très serein pour essayer de les gérer dans le temps de production avant de produire son acte de naissance parce que chacun est pressé d’avoir un document. C’est pourquoi des fois avec la pression, il peut se glisser des erreurs que nous même, on ne peut pas corriger sur place. Il y’a des difficultés au près des citoyens, dans l’accueil, le traitement et la patience. Le second problème, c’est un problème logistique, on a que quatre ordinateurs de saisie. Quand les quatre là saisissent, il y’a qu’un seul ordinateur qui fait la validation de tout ce que les autres ont saisi. Il n’y a qu’une seule imprimante. La commune de Ratoma compte près d’un million d’habitants. Nous recevons des fois des gens venus de Fria Dubreka et de Coyah. Tous ceux-ci viennent en nombre. C’est pourquoi vu le nombre de demandeurs et les outils mis à notre disposition par le projet, quelque soit, les gens vont accuser un peu de retard dans l’obtention de leurs documents. Mais qu’est ce qui accentue la pression ? C’est que le Gouvernement a pris comme politique que d’ici le 31 mars 2023, celui qui n’a pas sa carte biométrique ne sera pas payée. Nous cherchons toujours à faire comprendre aux citoyens qui veulent s’en procurer, d’être patients, tolérants et de ne pas faire la pression aux jeunes qui font la saisie. Dès que le Gouvernement parle, les répercussions se feront sentir à tous les niveaux. Si on prend plus de mille cent par semaine, connaissant que c’est des personnes qui travaillent avec des ordinateurs, on a défini une norme journalière, on a dit chaque ordinateur doit faire au moins cinquante documents par jour, mais si on a 1500 à 2000 personnes dans la semaine, ils vont attendre combien de temps ? Il y’a beaucoup d’erreurs techniques, vous avez vu des reçus légalement achetés et on dit que ce n’est pas valable parce que le reçu est non activé, il faut qu’on recense tous ces reçus là au niveau central. C’est le projet qui fait les opérations d’activage là-bas pour que nous puissions continuer le traitement des dossiers », a expliqué Aliou Souaré, Chef service adjoint de l’Etat civil de la Commune de Ratoma.
De son côté , Kaba Mohamed Aly enseignant a déposé ses dossiers depuis près de trois mois. Il dénonce un manque de professionnalisme et de dynamisme dans l’opération.
« J’ai déposé mes dossiers depuis le mois de novembre dernier, jusqu’ à ce jour, aucune issue de sortie, on m’appelle pour me dire que le reçu n’est pas activé et cela a fait que j’ai abandonné les cours pour me mettre à la recherche de mes dossiers et certains de mes amis aussi ont fait la même chose que moi. Pour le moment, rien n’est fait. Nous sommes sur les nerfs parce qu’on dit à la fin du mois de Mars personne ne recevra son salaire tant qu’il n’a pas la carte biométrique. On ne peut pas avoir cette carte sans avoir accès à l’extrait de naissance et pour l’avoir c’est un gros problème. J’ai le reçu pour l’extrait biométrique que j’ai fait le versement depuis le mois de novembre et c’est même mentionné le 08 novembre 2022, mais on me dit que le reçu n’est pas activé. Il me faut arrêter tout pour me mettre à la recherche de mes documents pour que je puisse entrer en possession de ma carte avant la fin du mois de mars pour accéder à mon salaire », a-t-il confié.
Même son de cloche chez Aboubacar Camara, qui à son tour, explique les difficultés aux il fait face pour avoir ce document.
« Les dossiers sont là depuis le mois de novembre, jusqu’à present, ils sont incapables de nous rendre nos documents, à chaque fois que je viens on me renvoie dans un autre service. Jusqu’à present je continue à souffrir. Vraiment je ne comprends pas, je prepare cet extrait pour ma mère, elle ne se sent pas bien et elle doit voyager sur le Rabat pour se soigner. C’est vraiment pitoyable ce qui se passe », regrette Aboubacar Camara.
Visiblement, cette situation s’empare dans la quasi-totalité des Mairies du pays.
Ousmane Baldé
