La série de manifestations annoncée par les forces vives de Guinée à partir du 10 mai prochain n’est pas du goût de certains acteurs politiques, notamment le Président du Parti Alliance pour le Changement et le Progrès. Dr. Ben Youssouf Keita que nous avons interrogé, a fait sentir sa désolation vis-à-vis de cette décision et appelle à un sens de responsabilité de part et d’autre, pour éviter que le pays ne bascule.

En se montrant connaisseur des conséquences que les manifestations politiques surtout non-autorisées engendrent en Guinée, Dr. Ben Youssouf Keita se désolidarise des 6 manifestations appelées par les forces vives sur toute l’étendue du territoire national. Il exprime son regret.

« J’ai accueilli cette nouvelle avec désolation et amertume, parce que nous ne souhaitons pas la confrontation. Et si on adopte une telle démarche, ça sera une confrontation. Quoi qu’on dise que c’est pacifique, l’histoire a démontré que si une manifestation n’est pas autorisée, elle va conduire à des violences. Il y aura non seulement des casses, mais aussi du sang et des larmes. Ce que nous ne souhaitons pas. Et donc, nous estimons qu’aucun sacrifice n’est de trop pour éviter de telles situations », a-t-il laissé entendre.

Le Président de l’ACP demande aux acteurs membres des forces vives de mettre la Guinée au dessus de tout.

« Il faut que tout le monde mette au-dessus des intérêts personnels, voire des intérêts égoïstes, l’intérêt supérieur de la Guinée. C’est ça le plus important. N’oublions pas que les hommes passent, mais la Guinée demeure. Donc, faisons en sorte que nous nous entendions », a-t-il lancé.

L’ancien député demande au CNRD, l’autorité militaire de fournir des efforts pour trouver un compromis avec ces acteurs politiques et sociaux afin que la transition en cours puisse réussir. En effet, il demande à la justice de diligenter le dossier Foniké Mènguè et compagnie.

« Je demande au CNRD qui a le pouvoir, qui a la force, de faire de gros efforts, de lâcher du lest. Par exemple, en accélérant les procès de Oumar Sylla Foniké Menguè, Ibrahima Diallo, et tous ceux qui sont emprisonnés pour des raisons d’opinions. Si on organise leurs procès et on les libère, cela va apaiser la situation. Je ne plaide pas pour ceux qui ont des problèmes économiques, mais ceux qui ont des problèmes d’opinions, il faut tout faire pour les élargir. Cela va diminuer les tensions », a-t-il plaidé.

Yam’s Cheick Camara