C’est une réalité hors du commun! Une jeune dame malvoyante est parmi les admis au Baccalauréat Unique session 2023, avec mention. Elle a étudié avec des voyants qu’elle dépassait d’ailleurs en classe. En dehors de cette qualité, Fatoumata Barry profite aussi pour assurer les travaux ménagers.
Interrogée autour de sa vie difficile et ses études très complexes, elle assure être aussi sur une bonne ligne de mémorisation du Saint Coran, malgré son état d’aveugle. Aussi, ambitionne de devenir avocate pour assurer la défense de la couche féminine.
« Cette maladie n’est pas héréditaire. J’avais étudié jusqu’en 9ème année, lorsque ça m’est arrivé avec des maux de tête, avant de descendre sur les yeux, avant qu’ils ne deviennent flous. Lorsque cela m’est arrivé, j’ai longtemps abandonné les cours, en train de chercher de traitement. Mais je suis allée à l’école des malvoyants dans la cité Solidarité de Hamdallaye. Mais je me suis dit que cette formation ne peut pas me permettre d’avoir de travail dans l’avenir. C’est ainsi que j’ai repris la 9ème année. J’ai continué jusqu’au niveau du Bac. Mais ça n’a pas été facile, car, ce ne sont pas toutes les écoles qui nous acceptent. J’étais obligée d’aller jusqu’à Kipé Dadya pour étudier. Heureusement, j’ai décroché mon Baccalauréat, avec mention assez bien ».
RÊVE D’ENFANCE
« Depuis mon enfance, bien avant que cette maladie ne m’arrive, mon ambition était de faire le Droit, parce que je voyais beaucoup de choses qu’on faisait subir aux femmes, ça me faisait mal. Donc depuis l’enfant, j’ai voulu faire le Droit pour devenir avocate, afin de pouvoir défendre les femmes. Maintenant que je suis devenue malvoyante. Donc j’ai eu deux personnes à défendre (les femmes et les handicapés) ».
ÊTRE AVEUGLE N’EST PAS UNE FATALITÉ
« Les gens pensent que dès que tu as un tel handicap, tu deviens automatiquement un mandiant ou une charge pour la famille. Notre situation est méconnue de l’opinion. Donc je demande à tous les parents qui ont des fils handicapés, de ne pas les transformer en charge ou en marchandises. Il faut les mettre à l’école, ils vont étudier. Nous les malvoyants, nous droits sont beaucoup violés. Même à l’école, on nous rejette par endroit, dans la société aussi ».
L’AVEUGLE AVEC SES TACHES MÉNAGÈRES
« Personnellement, la famille s’inquiète beaucoup pour ne pas que je me brûle en préparant, mais ce ne sont pas les yeux qui préparent, c’est l’esprit. Moi je prépare, je fais les tâches ménagères.
Pour le Coran, j’avais étudié et actuellement encore j’étudie, je mémorise le Coran ».
Cette année, elles étaient trois (3) malvoyantes à affronter le Baccalauréat, avec deux (2) admis, dont Fatoumata Barry (notre interlocutrice).









