À seulement quelques jours de la journée internationale du droit des femmes, l’ambiance autour de la date mémorable semble morose dans la préfecture de Kindia. Au-delà d’être fêtée cette année en plein mois de jeûne musulman, le 8 mars est loin de susciter l’engouement des femmes de la coopérative des teinturières de la ville des agrumes.
Selon la présidente de ladite coopérative, à date, aucun contrat ni de sollicitation n’a été exprimé par l’autorité administrative dans le cadre des commandes des uniformes. Une réalité préoccupante pour une coopérative pionnière des maisons d’apprentissage de la teinture en Guinée.
« Si ce n’est quelques marchés gagnés ça et là par nos apprenants à travers des clients fidèles qui ont confiance en notre qualité, nous n’avons rien obtenu en terme de contrat en prélude à cette fête du 8 mars. Ce qui nous désole alors qu’ils, (responsables administratifs) savent bien qu’on est là et qu’on travaille bien. Ces contrats allaient aider beaucoup d’entre nous surtout des veuves qui ont beaucoup d’enfants à nourrir et à scolariser », a laissé entendre la présidente de la coopérative Hadja Nana KEÏTA.
Créée en 1960, la coopérative des femmes teinturières de Kindia est l’une des premières du genre dans la sous-région ouest africaine. Face entre autres à la concurrence déloyale des tissus contrefaits et la cherté du matériel de première qualité, ces textiles made in Guinée sont de moins en moins prisés sur le marché local. Dans la boutique de la coopérative, l’impact est visible. Moins de productions et de demande de la part de la clientèle. Les contrats comme ceux de la journée internationale du droit des femmes restaient le dernier espoir. Un bouffé d’oxygène pour ses nombreux pensionnaires.
À en croire la présidente de la coopérative, tout est coordonné depuis la capitale Conakry. Une réalité que Hadja Nana KEÏTA souhaite voir changer pour le bonheur des femmes de sa structure.
Aboubacar Wayé TOURÉ depuis Kindia pour maguineeinfos.org
