Un grave accident de la circulation s’est produit tôt ce mardi 24 février dans la sous-préfecture de Damakania, relevant de la préfecture de Kindia. Un camion remorque transportant plusieurs sacs de ciment en provenance de Conakry a violemment quitté la chaussée avant de terminer sa course dans une concession familiale, causant la mort d’un enfant âgé d’un an et faisant plusieurs blessés, dont certains dans un état critique.
Selon les informations recueillies sur place auprès de témoins, le drame s’est produit aux environs de 6 heures du matin. Le véhicule, chargé de ciment et roulant en direction de l’intérieur du pays, aurait subitement quitté la route avant de percuter l’habitation. Le choc, d’une extrême violence, n’a laissé aucune chance au nourrisson, tué sur le coup.
Le bilan humain est particulièrement lourd. Outre le décès de l’enfant, deux apprentis du camion ont été grièvement blessés. Le chauffeur du véhicule et une occupante de la concession ont également été blessés dans l’impact. Tous les blessés ont été évacués d’urgence vers l’Hôpital régional de Kindia, où ils ont été pris en charge par le personnel soignant.
Les premières indications recueillies sur les lieux évoquent une perte de contrôle du véhicule liée à un assoupissement du chauffeur. «Le chauffeur aurait été pris par le sommeil, ce qui l’a empêché de maîtriser le camion », confie un témoin présent au moment des faits.
Dans la concession frappée par ce drame, l’émotion était vive et la douleur indescriptible. Entre pleurs, incompréhension et résignation, les membres de la famille tentaient de trouver des mots face à l’irréparable. L’oncle de la victime, El hadj Noumou DIALLO, s’en remet à la volonté divine malgré la douleur.
«Tout ce qui arrive à l’homme est la volonté de Dieu. Nous sommes au mois de Ramadan. Même si l’on nous dit que le chauffeur dormait et qu’il a perdu le contrôle du remorque, nous remettons tout entre les mains de Dieu », a-t-il déclaré avec une voix empreinte d’émotion.
La mère de l’enfant, encore sous le choc, a livré un témoignage poignant sur les circonstances du drame. Elle explique avoir entendu un fracas assourdissant quelques instants après s’être couchée.
«Après le repas, je suis allée me coucher. C’était presque l’heure de la prière. Quelques minutes plus tard, j’ai entendu un grand bruit. J’ai crié et je suis entrée dans la chambre. La jeune fille qui était avec mon bébé était sortie. J’ai cherché mon enfant, mais il était déjà mort. C’est seulement hier que nous étions venus ici pour passer le mois de Ramadan », a-t-elle raconté en larmes.
Au moment de la mise en ligne de cet article, le corps de la fillette se trouvait à la morgue, tandis que les blessés poursuivaient leur prise en charge médicale.
Ce drame vient une fois de plus illustrer la dangerosité croissante des accidents impliquant des poids lourds sur les routes guinéennes, souvent liés à la fatigue, à l’excès de vitesse ou à des défaillances humaines et mécaniques. Il relance également la question du respect des temps de repos des conducteurs et du contrôle des véhicules de transport de marchandises.
Aboubacar Wayé TOURÉ, depuis Kindia, pour maguineeinfos.org









