Une macabre découverte a profondément bouleversé les habitants de Kindia, notamment ceux du quartier Filigbé. Le dimanche 10 mai dernier, le corps calciné d’une femme d’environ 60 ans a été retrouvé dans la brousse de Yeintè, après un incendie d’une grande ampleur qui s’est déclaré dans la zone.

Face à l’émotion suscitée par ce drame, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia a annoncé, ce vendredi 15 mai, l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur cette affaire qualifiée de « crime odieux ».
Au micro de nos confrères de Perroquet, le procureur Mamadou Bhoye Diallo a indiqué qu’un homme souffrant de troubles mentaux est actuellement considéré comme le principal suspect. Selon plusieurs habitants du quartier, cet individu aurait été aperçu dans les environs avant le drame. « Pour le moment, les habitants du quartier, notamment les jeunes, soupçonnent un malade mental qui se trouve actuellement à la brigade de recherche », a expliqué le magistrat.

Le suspect a été interpellé puis placé à la brigade de recherche pour les besoins de l’enquête. Toutefois, le procureur a tenu à rappeler qu’en matière pénale, aucune poursuite ne peut être engagée contre une personne reconnue atteinte de troubles mentaux.

Il a également révélé que ce même individu avait déjà été éloigné de Kindia par les services de sécurité. « À un moment donné, ce même individu avait été envoyé à Coyah par la brigade de recherche afin qu’il quitte le territoire de Kindia. Mais on ignore par quel moyen il est revenu à Kindia, précisément au même endroit », a précisé Mamadou Bhoye Diallo.

Malgré les soupçons qui pèsent sur cet homme, le procureur estime que plusieurs zones d’ombre subsistent et n’exclut pas l’implication d’autres personnes dans ce crime.
« Cela ne signifie pas forcément qu’il est l’auteur des faits. Nous pensons qu’il y a d’autres personnes tapies dans l’ombre derrière cette affaire », a-t-il ajouté.
Le procureur s’est également interrogé sur les circonstances particulièrement troublantes de la mort de la victime.

« Même si ce malade mental était impliqué, la manière dont les faits se sont produits laisse penser qu’il n’aurait pas pu agir seul. Comment une femme peut-elle être calcinée sans pouvoir se défendre ou alerter ? Cela suscite beaucoup de questions. Pour nous, le véritable auteur court toujours dans la nature », a déclaré le procureur.

Par ailleurs, des démarches seraient en cours pour le transfert du principal suspect vers l’hôpital psychiatrique de Donka, à Conakry, afin qu’il bénéficie d’une prise en charge médicale adaptée. « Nous envisageons son évacuation vers l’hôpital psychiatrique de Donka afin qu’il soit pris en charge. Le fait de l’envoyer simplement à Coyah ne règle pas le problème puisqu’il revient toujours », a souligné le procureur.

En attendant les conclusions de l’enquête, le parquet de Kindia rassure la population ainsi que la famille de la victime quant à sa détermination à élucider cette affaire et à identifier les véritables responsables de ce drame.

Aboubacar Wayé Touré, depuis Kindia pour maguineeinfos.org