La commune urbaine de Kindia s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire politique. Ce jeudi, à l’instar des autres collectivités du pays, les 45 conseillers communaux se réuniront en session inaugurale pour élire le nouveau maire ainsi que les membres de l’exécutif communal. Un rendez-vous décisif qui marquera le début d’un mandat de cinq ans placé sous le signe de fortes attentes citoyennes.
Malgré une participation relativement faible lors des élections communales couplées du 31 mai dernier, l’intérêt autour de cette élection indirecte reste particulièrement élevé dans la cité des agrumes. Au-delà des tractations politiques, la population espère voir émerger une équipe capable de rompre avec les insuffisances qui ont longtemps marqué la gestion de la commune.
Dans les différents états-majors politiques comme dans l’opinion publique, deux noms reviennent avec insistance pour occuper le fauteuil de maire.
Le premier est Aboubacar Molota CAMARA, élu sous les couleurs de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Membre de l’équipe municipale sortante, il bénéficie d’une solide expérience administrative. Ancien chef de cabinet au ministère des Sports sous le régime du feu Lansana Conté, il peut également compter sur la première force politique issue des urnes, avec 18 conseillers communaux.
Face à lui, Amadou Oury BARRY, candidat du Front Démocratique de Guinée (FRONDEG), incarne une volonté de renouveau. Fort de son expérience dans la gestion de projets et le développement communautaire, il ambitionne de moderniser la gouvernance locale et d’insuffler une nouvelle dynamique à la commune. Toutefois, sa formation ne dispose que de 13 conseillers, ce qui rend sa tâche particulièrement complexe.
L’issue du scrutin dépendra largement des alliances que réussiront à nouer les différentes formations politiques. Deux groupes apparaissent ainsi comme les véritables faiseurs de roi : la candidature indépendante Kindia d’abord, forte de six conseillers, et le mouvement Kania Yigui, qui compte huit élus. Leur positionnement pourrait être déterminant dans le choix du futur maire.
Au-delà des calculs politiques, les habitants de Kindia attendent surtout des résultats concrets. Interrogés à la veille de cette élection, plusieurs citoyens réclament un maire engagé, proche des réalités de la population et capable de répondre aux nombreuses préoccupations qui affectent le quotidien des habitants.
L’insécurité, la dégradation de la voirie urbaine, l’insalubrité grandissante du centre-ville, l’amélioration des services publics de proximité et une gestion plus transparente des ressources communales figurent parmi les priorités exprimées. Beaucoup souhaitent également une rupture nette avec les pratiques de gouvernance qui, selon eux, ont freiné le développement de la commune durant ces dernières décennies.
Placée sous la supervision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, à travers la Direction nationale des collectivités locales, cette première session inaugurale constitue une étape importante dans la mise en place des nouveaux exécutifs communaux en Guinée.
Si certains observateurs veulent croire à l’ouverture d’une nouvelle ère pour la gouvernance locale à Kindia, d’autres demeurent sceptiques. Pour eux, les véritables enjeux remontent déjà au choix des candidats lors des élections du 31 mai, estimant que les défis actuels trouvent leur origine dans cette première étape.
Une chose est certaine : quel que soit le vainqueur, le futur maire héritera d’une commune confrontée à de nombreux défis. Au-delà des promesses et des équilibres politiques, c’est désormais sur le terrain, au contact des préoccupations quotidiennes des citoyens, que le prochain exécutif communal sera véritablement attendu.
Aboubacar Wayé TOURÉ, depuis Kindia, pour maguineeinfos.org








