Les voix s’élèvent toujours dans la classe politique guinéenne, depuis la publication du rapport d’audit par la CEDEAO. Interrogé sur cette question, le conseil politique de Dr Faya Millimouno et responsable chargé aux questions électorales s’est tout d’abord réjoui des travaux rendus par ces experts de la  sous-région qui ont d’ailleurs confirmé ce que l’opposition a dénoncé depuis. 

Alors que la CENI à travers Me Salifou Kébé son président, avait signifié que tous les cas fictifs devraient être extirpés du fichier électoral guinéen. Cependant, la loi électorale partant des principes juridiques, ne peut donner la possibilité à l’institution en charge des élections en Guinée de procéder à cela. Malgré cette disposition, la CENI a néanmoins proposé le 22 mars, comme nouvelle date pour ce double scrutin.

« Dans un pays normal, cette CENI devrait cessée les activités dès la publication du rapport. Mais nous sommes au regret de comprendre que la même CENI soit en train de continuer à tripatouiller le fichier. Kébé avait dit que le cadre juridique ne lui permettait pas d’extraire les Guinéens dans ce fichier. Aujourd’hui, sans que ce cadre juridique ne soit revu, il se lève pour dire que les Guinéens peuvent être extirpés. Alors c’est pour dire que le problème de la Guinée, ce n’est pas le fichier, mais c’est la CENI», a indiqué le M. Samuel Kourouma.

Après ce rapport de la CEDEAO, le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante CENI, a fait une communication dans laquelle il s’est engagé d’apporter toutes les corrections aux différentes recommandations assorties de cet audit. Mais à en croire la plupart des leaders politiques du pays notamment ceux du BL, aucune garantie n’est encore là, quant à la tenue des élections crédibles, inclusives et transparentes dans notre pays.

« La solution c’est de reprendre ce processus à zéro, en respectant les rapports d’audits, les instructions internationales qui disent que chaque citoyen doit passer devant les CAEREL pour se faire recenser à nouveau. Donc nous pensons qu’il faut reprendre les travaux afin d’aspirer à un fichier qui peut répondre aux préoccupations du peuple. Tant que nous n’avons pas un fichier propre, on ne peut pas crier à la victoire. Et c’est pour cette raison que le parti BL n’a pas participé à cette élection». 

Déjà Me Salifou Kébé a fait  une nouvelle proposition pour la tenue de ces échéances électorales, couplées du référendum. Même si cette date du 22 mars va être entérinée par le Président Condé, le Bloc Libéral à l’image des autres partis politiques qui ont décidé de boycotter ce processus, restent jusque-là camper sur leur position.

« Le problème de la Guinée n’est pas que le fichier, mais c’est tout un processus. Vous avez vu dans quel contexte que l’enrôlement s’est déroulé et nous avons encore nos compatriotes qui veulent exercer ce droit de vote mais qui n’ont pas été recensés.  C’est pour justement dire que cette autre date en cours est un non-événement, pare que c’est un fichier fabriquer à la volonté d’une seule personne afin de s’éterniser au pouvoir», a-t-il dénoncé avant de regretter que notre pays, indépendant depuis 1958, continue encore d’organiser les élections de cette manière.

Comme toujours, ce leader a profité interpellé la communauté internationale afin de sauver la République de Guinée.

Sâa Robert Koundouno pour maguineeinfos.com