Aujourd’hui, l’heure est grave. Le monde entier est frappé de plein fouet par une crise sanitaire sans précédent. Le coronavirus puisque c’est de lui qu’il s’agit, a coûté la vie à des milliers de personnes depuis son apparition en Chine. La Guinée qui a enregistré son premier cas positif la semaine dernière, a pris déjà des mesures urgentes pour éviter la propagation du virus. De quels moyens matériels dispose le pays pour éviter le pire ? C’est la question à laquelle le Directeur de l’Institut national de Santé publique a répondu ce matin chez nos confrères d’Espace FM.

L’une des mesures prises par les autorités sanitaires, c’est le renforcement dit-on au niveau de l’aéroport de Conakry. Une manière de repérer des personnes en provenance des pays où il y a eu des cas confirmés de coronavirus : « Quand ces personnes viennent à l’aéroport et ne présentant pas de symptômes, le service assure la surveillance et leur demande régulièrement au téléphone », a expliqué Pr Abdoulaye Touré.

Il a aussi communiqué sur les laboratoires dont dispose la Guinée. Selon lui, au début de l’épidémie d’Ebola, le pays disposait deux laboratoires de biologie moléculaire qui fonctionnait à peine : « À ce jour, le ministère de la santé et celui de l’enseignement supérieur disposent de 13 laboratoires de biologie moléculaire entre le début de l’épidémie et aujourd’hui, et qui sont fonctionnels », a-t-il dit.

Selon Pr Abdoulaye Touré, Directeur de l’Institut national de santé publique, trois de ces laboratoires de biologie moléculaire ont mis en place les procédures de diagnostic du coronavirus. Et le quatrième laboratoire a emboîté le pas des trois premiers : « Autrement dit, au fur à mesure que l’épidémie avance, on pourrait également demander aux autres laboratoires si besoin est, de se joindre à l’Institut national de santé publique pour assurer le diagnostic », indique-t-il.

Par ailleurs, Pr Abdoulaye Touré a fait remarquer que la Guinée est en avance par rapport à certains pays de la sous-région. Selon lui, les premiers cas confirmés de coronavirus dans ces pays auraient été envoyés à Johannesburg et à Paris pour le diagnostic : « Ce n’est pas le cas pour la Guinée. Le premier cas qui était venu, l’Indonésien, le résultat a été rendu disponible dans les six à huit heures. Il faut essayer de passer ce message pour rassurer nos concitoyens sinon, on va plutôt être dans la psychose », a-t-il suggéré.

Qu’à cela ne tienne, il a fait savoir que l’essentiel des cas qui pourraient être dépistés proviendraient dans la capitale. Et donc, des dispositions seraient prises pour conduire tout cas suspect notifié par l’agence nationale de sécurité sociale au centre de Nongo : « l’Institut national de santé publique dispose même à côté de ce centre, un laboratoire de très haut niveau. Les équipes d’alerte et de riposte qui sont à l’intérieur peuvent se charger naturellement de conduire les patients vers les centres de prise en charge », a-t-il indiqué.

Tout compte fait, il a donné des explications à propos de ceux qui sont censés utiliser les masques de protection. Selon lui, c’est pas tout le monde qui doit les utiliser : « C’est vraiment pour des personnes à risque. Autrement dit, les gens qui sont en première ligne, des personnels de santé et la famille d’entourage direct de quelqu’un qui est malade », a-t-il conseillé.

Mohamed Lamine Souaré
Pour maguineeinfos.com