La rédaction de maguineeinfos.com s’est intéressée au quotidien des femmes balayeuses de la commune de kaloum ce vendredi, 26 juin 2020. Malgré le service rendu, elles souffrent aujourd’hui le martyr et peinent parfois à trouver même quoi manger.
C’est un témoignage glaçant, teinté de déboire que ces mères de famille nous ont livré dans les rues de kaloum très tôt ce matin. Depuis la deuxième République, elles balaient la ville chaque jour qui passe mais toujours avec un traitement peu orthodoxe. Payées à seulement 200.000 francs guinéens soit environs 20 euros, nos interlocutrices confient qu’elles vivent l’enfer du jour au jour.
« On a commencé ce travail depuis le temps de feu président Lansana Conté et en ce moment, M’bemba Bangoura était gouverneur de la ville. On a débuté avec un salaire de 30.000 GNF. En ce moment, on gagnait du riz, de l’huile et beaucoup d’autres choses. Cela fait une vingtaine d’années on balaie Conakry mais c’est à 200.000 francs guinéens nous sommes payées. On a toujours alerté les autorités pour qu’elles nous aident mais en vain « , a rappelé Hadja Maïmouna Haïdara.
Chaque jour quand tout le monde dort, ces femmes sont sur pieds, les balais en main pour rendre kaloum propre. Un travail ardu qui mérite un bon traitement aux yeux de beaucoup d’observateurs vue l’état affreux de la capitale qui rime avec des tas d’immondices. Ces femmes aux mines en détresse observent une situation au goût âpre qui peut facilement raccourcir la survie d’un être humain.
« De tombo jusqu’à Boulbinet, on nettoie tout et cela à chaque jour pour un salaire aussi maigre. Nous balayons les routes parce que nous aimons notre pays. Donc nous prions les autorités de revoir notre situation et augmenter notre salaire, nous sommes des pauvres et beaucoup parmi nous sont des veuves. Quand nous percevons ces 200.000, cest pour les dépenses de deux jours et c’est fini. », a-t-elle conclu au micro d’un de nos reporters.
Il faut aussi préciser que plusieurs autres femmes sont recrutées par la société turque « albayrak » pour les mêmes travaux. Mais la différence est que, celles-ci se portent mieux disent-elles que le premier groupe géré par gouvernorat de Conakry. Elles sont payées la plupart à 800.000 et bien équipées alors qu’elles font le même travail que les autres.
« Les turques nous traitent bien ! Côté équipements, on nous les envoie souvent. Les chauffeurs qui conduisent les camions sont payés à 1 million et nous les femmes balayeuses sommes payées à 800.000 francs guinéens par mois. « , a expliqué Aminata Cissé, balayeuse recrutée par la société turque.
Vue le travail abattu par ces braves femmes, le Gouvernement devrait revoir leur situation afin de leur permettre de mieux s’occuper de la capitale guinéenne qui demeure couverte par des montagnes d’ordures.
BAH Mohamed
Pour maguineeinfos.com









