Ce samedi, 10 octobre 2018, le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), Yves Herinirina Rakotomanana est sorti de son silence. La cause, il a été accusé de corruption par des candidats à la présidentielle du 7 novembre et réclament des preuves à ses accusateurs.

«J’appelle tous ceux qui nous accusent d’avoir reçu de l’argent d’en apporter la preuve», a-t-il déclaré devant la presse et en présence des autres membres du bureau de la CENI.

Vendredi, le directeur de campagne du candidat Marc Ravalomanana, Anisoa Tseheno Rabenja avait déclaré devant la presse: « Nos agents sur le terrain ont signalé de la circulation d’argent pour la CENI, la radio et télévision nationale ».

Il a également mis en garde contre toute tentative de fraude. « Nous mettons en garde toute personne ou institution, qui gèrent cette élection pour toute tentative de hold up électorale », a-t-il dit.

Des résultats très provisoires

Samedi, la comptabilisation des voix du scrutin de mercredi se poursuivait au compte-gouttes. Selon des résultats très provisoires de la CENI, qui portent sur 3.663 des quelque 25.000 bureaux de vote, la course se joue entre deux anciens présidents: Andry Rajoelina qui arrive en tête (40,90%), devant Marc Ravalomanana (39,09%). Hery Rajaonarimampianina, un autre ex-chef de l’Etat, est très loin derrière (5,75%).

Jeudi, ce dernier, qui a dirigé le pays de 2014 à septembre 2018, a dénoncé de « nombreuses irrégularités de vote » et indiqué qu’il les transmettrait à la Ceni. Mais il a prévenu qu’il ne laisserait « pas la population se voir dérober son vote ».

Les observateurs de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA) ont insisté vendredi pour que les réclamations se fassent « uniquement » par la voie légale.

Madagascar, grande île pauvre de l’océan Indien, est régulièrement déstabilisée par des crises politiques et post-électorales depuis son indépendance de la France en 1960.

Source : Jeune Afrique /AFP