C’est une affaire de terrain très tendue, qui oppose trois catégories de personnes dans la commune rurale de Kouriah, préfecture de Coyah. La première catégorie est celle qui dit être la propriétaire du domaine et qui l’a vendu à des citoyens. La deuxième est celle qui en a acheté dont beaucoup ont déjà construit. Et la troisième est celle également qui dit être la propriétaire du domaine déjà loti. Chacune de ces trois parties dit détenir tous les papiers qui attestent son acquisition du domaine.

 

L’affaire est portée devant le maire de la commune rurale de Kouriah, qui, à son tour, tente de régler le problème à l’amiable. Les citoyens concernés par cette affaire étaient nombreux ce samedi, 13 février 2021 dans l’enceinte de la commune rurale pour échanger avec le maire afin de trouver une solution à ce problème. Mais aucun accord n’a été trouvé entre les trois parties.

Marouf Bamba, qui réclame la paternité du domaine explique les circonstances dans lesquelles il l’a acquis.
«Le domaine là, notre papa l’a acheté en 1964, on a même le reçu d’achat. Ça contient 50 hectares. Et ces 50 hectares, la première phase a été lotie en 20 hectares, les 30 autres hectares on devait lotir», a-t-il expliqué.

Ibrahima Yattara est celui qui a
vendu le domaine aux citoyens. Au micro de maguineeinfos.com, il met à nu la façon dont le domaine a été acquis.

«C’est là où notre papa faisait la plantation de bananes, c’était au temps colonial. Au temps de Sékoutouré, ils ont demandé à faire un centre de banane à Kouriah, mais y avait pas de place pour la plantation. Mais ça trouvait que notre papa avait déjà fait des plans de banane. C’est ainsi qu’ils sont venus négocier avec notre papa en passant par les doyens du village, pour dire que nous voulons installer le centre national de banane mais puisque vous avez déjà fait, nous voulons que vous nous passiez les plants, on vous les paye, ainsi, l’État va prendre en charge le centre», a expliqué cet autre qui dit avoir toutes les preuves à l’appui.

Le porte-parole des citoyens qui ont acheté des terrains dans le domaine qui prête à confusion entre les trois parties, affirme d’ailleurs que le sieur qui menace de les déguerpir est de nationalité étrangère. Pour lui, il n’est pas question de négocier avec lui.

«Il est ivoirien d’origine, c’est pas un individu qu’on ne connait pas qui va venir se réclamer fondateur de ce village. Le dernier recensement qu’on a fait, y’a plus de cinq mille familles et tout le monde a investi», insiste Gilbert Baya Millimono.

Marouf Bamba qui réclame le domaine dit à son tour détenir les papiers lui permettant de déguerpir les gens( actuels occupants). Mais il dit tout de même être prêt à négocier avec eux. Au cas où ils refuseraient cette négociation, il compte faire recours à la force. «Je viens casser tout».

Sur la négociation dont dit être disposé Marouf Bamba, le porte parole des personnes menacées de déguerpissement reste catégorique sur la question. Pour lui, il est inadmissible de dialoguer dans cette affaire qui risque de prendre une tournure très inquiétante.

«Nous on est pas prêts et on ne fera jamais des négociations avec qui que ce soit. Que ce soit la famille Yattara, que ce soit la famille Bambaké, nous on a payé et on a tous nos papiers», a-t-il persisté.

Pour Ibrahima Yattara, le régime de Sekou Touré avait décidé de restituer le domaine à son papa puisque le rendement des plantations ne faisait que baisser. Mais le secrétaire général du PDG d’alors aurait vendu le domaine à la famille Bambaké selon les explications de Yattara. Donc pour lui, il ne revient pas à un secrétaire d’un parti politique de délivrer des papiers de vente d’un terrain.

Dans cette affaire ambiguë, le porte parole des personnes « menacées » émet déjà des doutes sur la franchise des démarches engagées par le maire qui essaye de régler ce problème à l’amiable.
«C’est pas sincère, puisque lui-même il est né ici, il connait l’histoire», poursuit Ibrahima Yattara.

Au moment où Marouf Bamba menace de faire l’usage de la force, les deux autres parties disent être prêtes de préserver leur domaine même au prix de leurs vies.

«Les machines vont marcher sur nous. Nous et les populations on ne cédera pas».

Le maire de la commune rurale de Kouriah très douté dans les négociations qu’il a engagées, a rrefusé s’apprêter à nos questions.

Mamadou Aliou Diallo pour maguineeinfos.com