C’est un mouvement de protestation aux sons des klaxons qu’a fait ce mardi la plupart des conducteurs de taxi-moto de la commune urbaine de Kindia. À travers des parades sur certains axes de la ville, ces jeunes ont voulu ainsi dénoncer ce qu’ils appellent les tracasseries de leur syndicat.
Interrogé au cœur de la protestation, Ousmane énumère quelques raisons du mouvement. « Nous sommes fatigués de ce syndicat. Il fallait donc faire cette grève. Même si on oublie nos gilets c’est des tracasseries. Pour les badges idem. Quand on est souvent interpellé et conduit au bureau, on paye de l’argent. On est fatigué tout simplement », a indiqué en langue soussou le jeune conducteur.
Du grand marché de la ville au siège du syndicat, ces conducteurs ont sur tout le trajet, contraint certains de leurs amis à abandonner le travail. Les passagers se sont ainsi vus débarquer des motos ou des clés tout simplement retirés des engins. Au siège du syndicat, ces jeunes affirment désormais réclamer la dissolution de l’actuelle équipe. L’édifice sous la colère des conducteurs a essuyé quelques jets de pierres. Malgré les tentatives des responsables syndicaux, difficile de calmer le mouvement. Il a fallu une descente musclée des services de sécurité pour disperser les protestataires.
Pour le secrétaire général du syndicat des taxi-moto de Kindia, c’est un mouvement que son équipe a du mal à comprendre. Le manque d’informations et incompréhension seraient les principales raisons de ce débrayage. Malgré tout, un moratoire allant jusqu’ au mardi prochain est sollicité en vue de se pencher sur les points de revendication, souligne Lansana SYLLA. Indexés pour être les principaux auteurs des tracasseries, Abdourahamane TOURÉ chef d’une ligne de taxi rejette en bloc les accusations des conducteurs. « quand on dit qu’on ne les défend pas face aux agents de la police routière, c’est que ces agents n’arrêtent pas les conducteurs s’ils ne sont pas en infraction. Comme le non-port de casque, de paires fermées ou défaut de papiers. Nous ne réclamons rien à ces conducteurs à part les tickets. S’ils ne sont pas en règle, ils payent les gilets, badges, photos qui fait 60 mille francs guinéens en tout ».
Suite à cette protestation, les activités des conducteurs sont restées paralysées par endroits ce mardi. Des pourparlers avec notamment les autorités administratives sont annoncées. Les locaux du syndicat sont restés sous haute sécurité jusque dans l’après-midi.
Aboubacar Wayé Touré depuis Kindia pour maguineeinfos.com









