Depuis environ deux ans, la ville de Kindia connaît un début de développement médiatique. Au centre de ce changement, les femmes. Journalistes, animatrices ou encore techniciennes, elles sont de plus en plus nombreuses dans le milieu et semblent saisir l’opportunité sans aucun complexe.

 

Dans ce premier numéro d’une série de reportage consacrée au mois de la femme, nous nous intéressons donc à celles qui font la majeure partie des rédactions des stations radio de Kindia. De Kania Zik à Djoma média en passant par la radio rurale, elles nous témoignent le secret de l’amour pour le journalisme mais aussi leur perception du mois de la femme.

Fanta SYLLA est journaliste présentatrice à la radio Kania Zik. Sa venue dans le journalisme, date d’un peu plus d’un an. Comme pour la plupart des hommes de médias, c’est un rêve d’enfance qui se réalise. Mariée et mère de plusieurs enfants, Fanta concilie métier et foyer. Mais dans les rédactions, le regard des collègues et responsables n’est toujours pas sans reproche. « Moi personnellement je veux me sentir à la hauteur. À la radio, qu’on me donne un poste de responsabilité. Mais parfois je me sent marginalisée. Parfois les occasions peuvent venir et que je vois qu’on bloque. Chose qui n’est pas normale », soutient la présentatrice radio.

Une marginalisation et un regard qui doivent être combattus en premier lieu par ces femmes elles-mêmes, martèle Aminata SYLLA, Directrice régionale de Djoma média. Pour notre interlocutrice, sa solution à elle a été de s’inscrire dans une démarche de renforcement de capacités.
« J’aime ce métier et en l’exerçant je ne me vois pas comme femme mais journaliste tout court. Pour preuve, ce que j’ai toujours voulu c’est de l’émancipation. Je suis passée de simple reportere dans une rédaction à Animatrice en langue soussou », dit-elle.
La qualité, la Directrice de Djoma média en fait son objectif. Loin d’être féministe, Aminata SYLLA n’a pas hésité à prendre des décisions fortes à la limite incompréhensible par certaines consœurs. « Ici dans ma rédaction, il n’y a presque pas de femmes. Je me suis méfiée du recrutement de ces jeunes dames par ce que le plus souvent c’est des excuses comme les cérémonies de baptême, mariage et si cela pèse sur le fonctionnement de ma station, ça ne peut pas marcher. Donc je préfère évoluer avec les jeunes hommes qui n’ont pas de problème. Pour preuve, nous ne sommes que deux jeunes dames ici ».

Sur le mois de la femme, ces professionnelles du micro de Kindia promettent de mettre à profit l’occasion pour interpeller la couche sur sa responsabilité. Au-delà de la fête, la journée du 8 mars prochain sera aux couleurs féminines dans les radios. « À la radio rurale, le 8 mars aucun homme ne touchera à la machine ici. Le montage, la présentation ou encore la réalisation des émissions, tout sera à la charge des femmes », indique Fatoumata Boundouka SYLLA Animatrice.

Technicienne depuis cinq (5) ans à la radio, Mafoudia SYLLA appelle aussi ses consœurs au travail.

« La lutte de la femme c’est au quotidien. Nous devons penser à nos enfants diplômés sans-emploi », ont exprimé en substance ces dames du micro à Kindia.

Aboubacar Wayé Touré depuis Kindia pour maguineeinfos.com