Cela fait tois semaines, depuis que des journalistes de la Radio Espace Labé ont entamé une grève générale pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail. L’augmentation à hauteur de 50% de leurs salaires, c’est la principale revendication de ces confrères, qui constitue à date, la pomme de discorde entre eux et leur employeur.
Les grévistes ayant décidé de maintenir leur grève jusqu’à la satisfaction de leurs points de revendications, la Direction Générale du groupe Hadafo Médias a décidé de tourner le dos à ses employés. Deux journalistes notamment, Mamoudou Boulléré Diallo et Idrissa Barry ont été mutés ce lundi 6 juin à Labé, pour assurer la relève et la continuité des programmes de la radio en arrêt depuis maintenant trois semaines.
Interrogé par notre correspondant régional sur ce dernier rebondissement de la Direction Générale, Mohamed Samoura un des grévistes nous a confié, que c’est via des appels téléphoniques de certains de ses proches qu’il a appris l’information.
« Effectivement j’ai écouté la Radio, j’ai compris y a l’édition qui passe. Je ne sais pas le nombre de journalistes qui a été amené, en tout cas j’ai entendu la voix de Idrissa Barry et à 14 heures aussi, y a une émission Yewtidanen (parlons-en) qui passe. A la place de Alpha Ousmane Bah, j’ai entendu Mamoudou Boulléré », a laissé entendre Mohamed Samoura.
Notre interlocuteur parle d’arrogance de la part de leur responsable face à cette situation. Sinon, selon les explications de Sam, les 50% dont ils réclament, ne représentent que 5.525.000 pour un total de 12 personnes.
« C’est le summum du mépris de notre patron parce que trois semaines après on ne se comprend pas. Et tenez vous bien, les 50% dont on revendique, ce n’est que 5.525.000 GNF pour 12 personnes par mois, c’est ce qu’on demande. Si on entend parler de 50%, les gens vont penser que c’est des millions ou c’est des milliards. Dans les 50% d’aucuns auront 250.000 GNF comme rajout, d’autres 300.000 ou 350.000 francs guinéens », a-t-il révélé.
Notre interlocuteur pointe un doigt accusateur à Alaidhy Sow, le DG de la Radio Espace Foutah, qui selon lui, manque de leadership. Pour lui, il est inimaginable voire impossible, que deux personnes puissent remplacer 12 personnes au sein d’une Rédaction de Radio.
« C’est une déception. Ma déception aussi va à l’endroit de Alaidhy Sow. Jusque-là dans les communications qu’on était en train de faire, on ne parlait pas de Alaidhy, mais il manque de management, de leadership. Moi à sa place, j’aurais dit à la Direction Générale que ça ne peut pas marcher. On ne peut pas amener deux personnes pour tenter de remplacer douze personnes. Surtout des gens qui se sont appropriés de la Radio aujourd’hui. C’est pas seulement le travail qu’il faut voir, mais, c’est des gens qui se sont appropriés de la Radio, pour qu’il y ait de la Radio aujourd’hui », fustige le confrère.
Dès ce lundi, ces grévistes décident de retrousser les manches pour faire plier leurs responsables. Déjà, ils soutiennent qu’ils vont profiter de l’immersion des ministres à Labé, pour leur exposer leur préoccupation.
« C’est le moment pour nous d’activer nos différentes stratégies. Heureusement tout le Gouvernement est là, Madame la ministre de l’information et de la communication est là. Au moment où je vous parle on est convié à une rencontre. Donc, on va profiter pour mettre le dossier sur la table. Le ministre du travail est aussi là, on va en profiter, en tout cas nous allons nous faire entendre pour que cela cesse, parce que c’est de l’orgueil de la part de Monsieur Lamine Guirassy », affirme Mohamed Samoura.
Au moment où nous réalisions cet entretien, tous les journalistes grévistes étaient réunis pour répondre à la rencontre dont il sont conviés.
Mamadou Aliou Diallo pour maguineeinfos.com








