Encore une fois la manifestation du 17 août appelée par le FNDC a été réprimée dans le sang en Guinée. Au moins jeunes garçons ont été tués par balles selon les informations. La cause serait le passage du président de la transition sur l’axe, pendant que la tension était vive entre les manifestants et les forces de l’ordre sur cette route de la capitale guinéenne. Si pour certains, cette initiative de Mamadi Doumbouya est un acte de bravoure et que d’autres font même preuve d’un triomphalisme qui ne dit pas son nom autour, Pour Me Mohamed Traoré tel n’est pas le cas.
Selon lui, même si c’est un droit pour l’homme fort du pays de se rendre n’importe où dans les quatre coins de la Guinée, mais le moment n’était pas opportun en ce 17 août 2022.
« C’est très loin d’être un acte de bravoure ou d’héroïsme. Dans les conditions normales, il peut et doit, en tant que Président de la République en cette période de transition, se rendre partout en Guinée. Ce qui suscite des interrogations, c’est que des thuriféraires pensent que le fait qu’il se soit rendu ce 17 août dans une zone considérée comme acquise à l’opposition, est un exploit. Et même en tant de crise, il peut se rendre partout en Guinée avec toute cette armada et tout cet arsenal à sa disposition. La Guinée n’est pas un pays en guerre », a-t-il rappelé avant d’établir une comparaison en prenant l’exemple sur la junte malienne.
« Il faut demander au Colonel Assimi Goïta, chef de la junte militaire malienne, s’il peut parader au Nord du Mali avec toute sa garde et même toute l’armée du Mali. Il est au pouvoir depuis plusieurs mois. Mais il ne s’est jamais rendu dans cette zone qui est pourtant une partie du Mali. Si une bonne partie du territoire malien échappe aujourd’hui au contrôle de Bamako, c’est parce que des Maliens établis dans cette zone sont autant sinon plus armés que l’Armée malienne. Nous devons donc faire beaucoup attention », alerte l’ex-bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée.
Par ailleurs, Me Mohamed Traoré appelle à la consolidation de la paix en Guinée et met en garde le CNRD sur ses agissements
« Il faut surtout se garder de faire croire à la junte militaire que tout est désormais acquis parce que toutes les voies dissonantes ont été réduites au silence. Lorsque Alpha Condé croyait avoir réussi son coup d’État constitutionnel du 22 mars 2020, il ne pouvait peut-être pas imaginer que le 5 septembre allait arriver. Alors un peu de retenue et moins d’arrogance », a-t-il averti.
Yam’s Cheick Camara








