Les autorités guinéennes ont finalement trouvé un accord sur la durée de la transition. Mais ce compromis est jugé tardif par certains acteurs de la classe politique. Néanmoins, ils trouvent l’accord profitable aux Guinéens. C’est le cas du Président du Parti FIDEL.

Interrogé par notre rédaction sur la durée de 24 mois, Mohamed Lamine Kaba salue la décision même s’il la juge tardive.

« Je pense qu’il faut saluer l’effort de la CEDEAO qui a eu une prise de conscience tardive, lorsqu’on sait qu’au premier voyage du médiateur de la CEDEAO Yayi Boni, il était ressorti au point neuf de son communiqué, le CNRD n’est pas figé sur les 36 mois mais plutôt sur la réalisation effective des 10 étapes. Je crois qu’après ce voyage, cette délégation devrait être déployée pour venir voir dans quelle possibilité on peut compresser ces dix activités pour réduire le chronogramme. Et après nous avons compris que c’était des menaces de sanctions contre la Guinée que nous avons observées mais je pense qu’il y a eu une prise de conscience tardive mais louable qui est parvenue hier, de 24 mois qui commencent à partir de janvier. Selon l’hiérarchie des normes juridiques, les accords internationaux et les traités priment sur les lois nationales guinéennes. Donc on ne peut plus invoquer  l’article 77 qui parlerait de l’implication de la société civile et des forces vives.  A partir de maintenant c’est la CEDEAO qui est une institution internationale à laquelle la Guinée a adhéré, les accords internationaux priment sur la Guinée. Nous, nous ne pouvons qu’obéir à cela et de se battre pour répondre aux programmes qui seront soumis au peuple de Guinée. Quelqu’en soit, entre maintenant et le mois de janvier, il n y ‘a que 2 mois, il n’y aura pas de polémique sur ça », a analysé notre interlocuteur.

Cet acteur politique déplore le manque d’entente entre les acteurs nationaux et les autorités. C’est ce qui a conduit à l’implication de la CEDEAO qui a finalement écarté la classe politique, des négociations.

« En ce qui concerne les partis politiques avec toutes les ouvertures qui ont été faites par le CNRD aux différents partis de venir sur la table et discuter sur le chronogramme, si ceux là  avaient  accepté de venir autour de la table on en serait pas là. Ce que la CEDEAO a décidé devait être fait par les acteurs guinéens,  mais malheureusement nous serons obligés maintenant de suivre l’accord international qui prime sur nos lois », déplore Mohamed Lamine Kaba.

Ousmane Baldé