La consommation du poulet importé prend une proportion inquiétante en Guinée. A Kankan, la situation prend une vitesse de l’éclair à tel point que les éleveurs du poulet local et certains consommateurs commencent à se plaindre de la situation qui échappe maintenant au contrôle des autorités. Pour comprendre la situation dans laquelle vivent les acteurs concernés, notre correspondante régionale a promené son micro à travers la ville.

En provenance d’Europe, du Brésil ou encore des Etats Unies d’Amérique, les poulets importés sont de nos jours, l’un des aliments les plus consommés par les citoyens du centre-ville de Kankan. Ces produits font l’objet de convoitise à cause de son faible prix, abordable pour les citoyens. Mais certains d’entre eux n’apprécient pas cette influence du poulet importé, c’est le cas Sekou Condé.

« On a des fermes qui produisent des poulets en qualité et en quantité, mais les Guinéens ne consomment pas à cause de la flambée des prix des poulets locaux. Moi je n’encourage pas les Guinéens à continuer toujours à consommer les poulets importés, ça peut toujours avoir les conséquences sur notre santé. On ne sait pas par quelle méthode ils font pour garder ces poulets importés longtemps et si c’est les produits qui leur permettent de les garder longtemps, est-ce que ces produits n’ont pas un impact sur la santé humaine ? », s’inquiète t-il.
Outre la concurrence déloyale à laquelle les acteurs de la filière locale font face, ils sont également victimes de manque de nourriture pour les poulets locaux et les calamités naturelles.
« Nous faisons face au manque de nourriture pour les poulets et avec la conjoncture actuelle, le climat et les calamités naturelles nous sont défavorables c’est ce qui fait que rares sont les citoyens qui viennent acheter les poulets. Les rares qui viennent sont souvent pour faire des sacrifices dans les mines ou acheter pour des femmes qui ont nouvellement accouché, parce que c’est bon pour leur santé », a laissé entendre Kabinet Kaba.

Face à cette situation jugée insupportable pour les aviculteurs locaux, les observateurs appellent les autorités, notamment le Ministère du commerce à se pencher sur la question afin d’encourage les producteurs locaux.
Mariame Baïllo Baldé