Le mouvement syndical guinéen n’est que l’ombre de lui-même aujourd’hui du fait de sa déliquescence et de son évanescence. C’est ce que dit Michel Pépé Balamou, secrétaire général du syndicat national de l’éducation. Le syndicaliste se montre très en colère contre l’indifférence du gouvernement CNRD vis-à-vis du bicéphalisme qui règne au sein de plusieurs structures syndicales guinéennes.
D’entrée, Michel Pépé Balamou regrette le fait que les retraités soient à la tête de plusieurs structures syndicales des travailleurs actifs en Guinée. Il exprime son mécontentement face une situation déplorable selon ses mots.
« Bon nombre d’organisations syndicales sont bicéphales, voire tricephales. Des retraités à la tête de beaucoup de structures syndicales, des travailleurs actifs quand bien même que la loi leur offre la possibilité de créer des fédérations syndicales des retraités, sans oublier la non tenue des congrès électifs à date. Les mandats illégaux doublés d’une illegitimité systématique font en sorte que les travailleurs sont laissés pour compte à un moment où la demande sociale est très forte, le pouvoir d’achat du travailleur est faible, la cherté de vie a atteint une croissance exponentielle et les travailleurs sans travail décent et une protection sociale sont à la merci des propriétaires de maisons et des maladies professionnelles et des accidents de travail », a-t-il dénoncé.
Pire selon ce leader syndical, les travailleurs de la fonction publique sont confrontés actuellement à cet épineux et éternel recensement. A ce niveau, il fustige le silence coupable des centrales syndicales et l’indifférence du pouvoir militaire.
« Les 13 centrales du pays n’ont fait aucune déclaration de soutien à la classe ouvrière. Le principal souci , c’est la mangeoire et le partage de postes dans les différents conseils d’administration de la caisse nationale de prévoyance sociale et la caisse nationale de sécurité sociale. S’il y’a un domaine de la vie nationale où le CNRD a lamentablement échoué dans sa vaste ambition de refondation de l’Etat , c’est bien entendu au niveau du mouvement syndical guinéen. Non ingérence de l’Etat dans les affaires syndicales ne signifie nullement pas droit d’indifférence », a-t-il regretté amèrement.
Pour Michel Pépé Balamou, l’Etat a le plein droit de jouer son rôle de gendarme pour réglementer le secteur syndical en Guinée.
Yam’s Cheick Camara









