Ce jeudi 3 avril 2025, les enseignants contractuels communaux de la région de Kankan, n’ayant pas été retenus dans la fonction publique, ont organisé une manifestation pour exiger leur intégration. Environ une centaine d’enseignants, venus des cinq préfectures de la région, ont exprimé leur mécontentement en parcourant plusieurs artères de la ville, brandissant des pancartes et scandant des slogans demandant la signature de leur arrêté d’engagement.

 

À la tête du mouvement, Moussa Diakité, responsable du Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus, a pris la parole devant chaque institution visitée. Il a rappelé le long combat mené par ces enseignants pour être intégrés à la fonction publique, rendant hommage à leurs collègues décédés dans l’attente d’une solution.

« Ce n’est pas pour rien que nous sommes dans la rue aujourd’hui. Depuis la publication des résultats, nous avons multiplié les manifestations et les démarches, mais en vain. Nous avons organisé une tournée dans les différentes préfectures et décidé ensemble d’un sit-in régional pour nous faire entendre. Aujourd’hui, nous sommes là pour exiger la signature de notre arrêté d’engagement. Nous sommes déjà engagés, et nous ne reculerons pas».

Face aux manifestants, l’Inspecteur régional de l’éducation par intérim, Moussa Keita, a accueilli la délégation des enseignants et salué leur démarche pacifique. Il a assuré que leurs revendications seraient transmises aux autorités compétentes.

«Votre démarche est légitime et pacifique. Vous venez exprimer vos préoccupations sans violence, et c’est une bonne chose. Dès aujourd’hui, nous allons transmettre votre message à qui de droit. Soyez rassurés, le président actuel est à l’écoute. Je suis convaincu que dans les semaines à venir, vous verrez vos arrêtés signés. Retournez dans vos familles sans causer de dégâts, comme vous l’avez démontré aujourd’hui».

Au gouvernorat, les manifestants ont constaté l’absence du gouverneur, Colonel Moussa Condé, en déplacement à Conakry. Son directeur de cabinet, El Hadj Aboubacar Tounkara, a pris la parole en son nom et a conseillé aux enseignants de formaliser leur demande par écrit.

«Je vous remercie pour la démarche pacifique que vous avez adoptée. Vous êtes des pères et mères de famille, et vous avez réussi votre examen, selon vos déclarations. Pourtant, votre arrêté tarde à venir. Ce que je vous recommande, c’est de rédiger un mémo à remettre au gouverneur dès son retour. Il le transmettra à sa hiérarchie afin d’identifier le blocage. En attendant, je vous encourage à finaliser ce document pour qu’il soit inclus dans son rapport aux autorités compétentes».

Après leur passage au gouvernorat, les enseignants contractuels se sont rendus chez le grand imam de Kankan, comme ils l’avaient fait plus tôt à l’église cathédrale Notre-Dame des Victoires et de la Paix. Ils espèrent que l’appui des autorités religieuses contribuera à débloquer leur situation dans les plus brefs délais.

El Hadj Mohamed Sangaré