Face à la montée des actes de criminalité, les forces de défense et de sécurité veulent davantage compter sur les populations pour renforcer le dispositif de sécurité à Kindia. Le commandant de l’Escadron de gendarmerie mobile d’intervention, Ibrahima Sékou Camara, a réuni ce mardi les chefs de quartiers, sages et imams de la commune autour d’un même défi : faire de la sécurité une responsabilité partagée.
La rencontre a permis d’ouvrir un dialogue direct entre les forces de sécurité et les représentants des communautés. Au centre des échanges, une conviction : sans renseignement de proximité, la lutte contre la criminalité reste difficile. « Nous avons fait cette invitation pour renforcer la sécurité de proximité. On ne peut pas parler de sécurité sans le renseignement. Pour cela, il faut l’implication de toutes les couches. Nous avons besoin de leur collaboration pour renforcer la sécurité de Kindia », a expliqué le commandant Ibrahima Sékou Camara, au micro de nos confrères de Guinée4com.
Pour le responsable de la gendarmerie, la position privilégiée des chefs de quartiers, sages et leaders religieux auprès des populations fait d’eux des acteurs incontournables dans la prévention de l’insécurité.
L’essor économique du pays, notamment avec le projet Simandou, constitue également, selon lui, un facteur qui appelle à davantage de vigilance face aux mouvements de populations. «De nos jours, notre pays est tellement convoité avec le projet Simandou. Tout le monde cherche à venir chez nous. Nous devons identifier qui doit rester et qui ne doit pas rester. Ce n’est pas tout le monde qui cherche de l’emploi. Il y en a d’autres qui viennent commettre des crimes », a-t-il déclaré. Avant d’insister sur la nécessité d’une implication des acteurs communautaires : « Ils sont à côté de la population. Ils sont beaucoup plus proches de la population que nous. »
L’appel des forces de sécurité semble avoir trouvé un écho favorable auprès des participants. Chefs de quartiers, sages et imams ont salué l’initiative et exprimé leur disponibilité à renforcer la collaboration avec les autorités.
Prenant la parole au nom des chefs de quartiers, le chef de quartier de Condetta 3, Elhadj Abdoulaye Souaré, a assuré les forces de sécurité de leur engagement à jouer pleinement leur rôle. « Nous sommes très heureux de l’appel que les autorités de la sécurité viennent de faire. C’est à propos de la sécurité de Kindia. Ils nous ont fait comprendre que la gendarmerie ou la police, à elle seule, ne peut pas fonctionner et dénicher les bandits dans les quartiers. Elles ont besoin d’informations », a-t-il souligné.
Et de promettre : « Au nom des chefs de quartiers, je vous promets que Kindia dormira tranquillement si cela ne dépend que de nous. Nous allons faire notre travail. Nous allons faire notre part de responsabilité. »
À travers cette rencontre, les forces de défense et de sécurité entendent donc miser davantage sur la proximité et la collaboration avec les communautés. L’objectif est notamment de faciliter la remontée rapide des informations susceptibles d’aider à prévenir les actes criminels et à identifier les situations à risque.
Dans une ville où les chefs de quartiers, sages et leaders religieux constituent des relais essentiels auprès des populations, leur implication pourrait contribuer à renforcer le maillage sécuritaire.
À Kindia, le message semble désormais clair : la lutte contre l’insécurité ne repose pas uniquement sur les forces de l’ordre. Elle nécessite aussi la vigilance, le renseignement et l’engagement de toute la communauté.
Aboubacar Wayé TOURÉ, depuis Kindia, pour maguineeinfos.org








