L’actualité politique Guinéenne reste actuellement dominée par le couplage des législatives au référendum prévus le même jour. Pendant que les leaders religieux jouent aux sapeurs pompiers afin de trouver les voies et moyens pour mettre un terme aux violences que connaît le pays depuis certain temps, le Président de la République, Pr Alpha Condé, a pris deux décrets à l’espace de deux jours. Le premier a reporté les élections initialement prévues le 16 du mois en cours au 01 mars 2020, et le second sur le couplage de ces législatives et le référendum, le même jour. 
Interrogé sur cette actualité ce mercredi, le chargé aux questions électorales du parti Bloc Libéral a tout d’abord dit n’avoir pas été surpris de ces décrets, mais déplore le recul de la Guinée sur le plan démocratique, comparativement à certaines nations.
« Je n’ai jamais rêvé un seul jour que la Guinée pouvait revenir en arrière démocratiquement. Je n’ai jamais non plus rêvé que le Président Alpha Condé pour lequel moi je me suis battu depuis ma jeunesse, pouvait se comporter antidémocratiquement de la sorte», a tout de suite regretté ce responsable du parti de Dr Faya Millimono.
Ces décrets qui tombent de nos jours par ici et par là à en croire M. Kourouma, prouvent à suffisance que le Président de la République ne prend pas conscience de l’ampleur de l’enjeu non seulement de la stabilité du pays, mais aussi pour des acquis démocratiques que les Guinéens ont pourtant  obtenus par le sang.
« 2006, 2007, 2009, nous avons perdu des milliers de nos compatriotes contre la junte militaire, pour que nous ayons un pays où il fait bon vivre et que les gens se sentent libres en exprimant leurs opinions. Et si ce résultat aujourd’hui, la personne qui a bénéficié de tout ce combat sort contre son peuple pour dire que  les militaires avaient raison de partir, Lanasana Conté avait raison de modifier la Constitution, je pense que c’est un recul», a-t-il rappelé.
Ce couplage des élections législatives avec le référendum intervient dans un contexte où la majeure partie des partis de l’opposition guinéenne n’en comptent toujours pas prendre part. Malgré tout, le Président lui, a déjà convoqué le corps électoral, même si le nombre d’électeurs n’est pas encore connu avec exactitude. Devant ces différentes irrégularités, le responsable des questions électorales au parti BL, estime que ce sera simplement une comédie, puisque ce ne sont pas tous les Guinéens qui participeront non seulement à ce vote, mais aussi à ce référendum prévus le même jour.
« Le Président qui  reproche la Constitution de 2010 d’avoir été amendée par un clan, est en train de tomber dans la même logique car, celle qu’il propose ne va également pas être amendée par l’ensemble des Guinéens»
Quand au refus du parti Bloc Libéral de participer à ces élections législatives encore renvoyées pour le 01 mars 2020, Samuel Kourouma a mentionné que c’est à cause du fait que la CENI a montré quelle n’est pas capable d’organiser une élection. D’ailleurs dit-il, cette institution a également montré aux yeux des Guinéens, quelle est gérée par d’autres personnes et non par Me Salifou Kébé. Alors pour que leur formation politique prenne part à ce fichier électoral, il faudrait suspendre celui en vu pour que  les discussions continuent notamment sur le toilettage de ce fichier.
« Nous avons 12 millions de Guinéens et c’est une comédie pour un fichier de 8 millions. On ne peut pas alors participer à cette comédie car nous voulons que nous reprenons le recensement afin que ceux qui ne l’ont pas été soient recensés cette fois-ci. Mais aussi, que les mineurs soient expédiés et que nous ayons un fichier acceptable», a sollicité M. Kourouma.
Pour finir, il a confié que ces désormais  élections législatives du 01 mars,  n’auront encore pas lieu car, jusque-là, aucun espoir n’est permis avec cette CENI en place. Tout comme les autres partis politiques membres du Front, le BL compte aussi les boycotter  et empêcher la tenue de ce référendum par tous les moyens légaux.
Sâa Robert Koundouno pour maguineeinfos.com