Comme prévue, la marche des opposants au troisième mandat et la nouvelle constitution a abrité ce jeudi, 24 octobre 2019 une marée humaine pour disent-ils faire tordre le désir du président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au delà de 2020. Une mobilisation d’une taille énorme qui tire à bout portant sur la naissance d’une nouvelle constitution.
Une foule immense, une forêt d’opposants au troisième mandat et à la nouvelle composée de leaders politiques, responsables des organisations de la société civile, syndicats, avocats et autres, le tout pour une journée chaude et fertile en mobilisation. Du rond-point tannerie en passant par gbessia, Hamdallaye, Dixinn jusqu’à l’esplanade du stade du 28 septembre, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir et demandent la libération immédiate des membres du FNDC embastillés mardi, 22 octobre dernier.
Des discours caustiques ont incité l’immense foule qui prenait d’assaut les routes de Conakry et la terrasse du stade du 28 septembre à décider de prendre désormais le combat contre le troisième mandat au sérieux. « aujourd’hui est un grand jour, inscrit en lettre dans l’histoire guinéenne ! Le peuple de Guinée est certes un peuple patient mais un peuple combattant, guerrier et déterminé à réclamer ses droits lorsqu’ils sont bafoués et ce, quelque soit le prix à payer. Nous nous sommes engagés dans ce combat noble pour la Défense de la constitution pour nous retrouver seuls contre ce pouvoir sanguinaire. » A déclaré Oumar Sylla(Foniké manguè) le coordinateur par intérim du Front National pour la Défense de la constitution.
Tout comme la marche des femmes du FNDC, cette marche baptisée funèbre du troisième mandat par le chef de file de l’opposition, n’a pas connu d’incidents majeurs et pas de heurts entre force de l’ordre et manifestants. Ce qui signifie pour le président de l’UFDG que « si les agents de maintien d’ordre ne tuent pas, il n’y aura pas de morts ».
Plus loin, il demande comme les autres une manifestation continue jusqu’à satisfaction de leurs revendications notamment briser le rêve pour un référendum en vue d’une nouvelle constitution pour une présidence à vie et sans oublier la libération d’Abdourahmane Sanoh et cie. « je vous félicite pour la mobilisation et discipline dont vous avez fait preuve. Nous avons organisé une manifestation pacifique, aucun usager de la route n’a été agressé, insulté, aucun riverain de notre itinéraire n’a été gêné, et ça il faut qu’on vous remercie. Vous savez, si Alpha Condé ne donne pas l’ordre de tuer,personne ne va mourrir lors des manifestations. » A révélé le président de l’UFDG.
Pendant cette manifestation dit-on pacifique, ils ont été nombreux ces leaders politiques au dessus des capots de leurs véhicules pour exiger Alpha Condé de s’en aller en 2020 à la fin de son deuxième et dernier mandat afin de promouvoir l’alternance au pouvoir.

Avec cette mobilisation hors pair, les leaders se disent tremper de comportements républicains, et c’est raison pour laquelle, ils n’ont pas profiter pour renverser le pouvoir. « vous savez la marche que nous venons d’effectuer, c’est la marche funèbre du troisième mandat. Nous sommes respectueux de nos traditions donc le cadavre est là mais nous attendons le père pour procéder à l’enterrement définitif du troisième mandat,mais il est déjà mort de manière définitive aujourd’hui. Le peuple de Guinée vient de délivrer un message à Alpha Condé, j’espère qu’il va faire preuve de sagesse et déchiffrer le message et tirer toutes les conséquences. Les conséquences, c’est de faire un discours public pour dire qu’il renonce au projet de troisième mandat que nous avons enterré aujourd’hui. Alpha a toujours accusé le FNDC de vouloir le renverser ! Qu’est-ce qui aurait pu résister à cette marrée humaine,quel est le PA ou gendarmerie qui pourraient résister? Si notre intention était de prendre le pouvoir, est-ce qu’on aurait pas pu? Mais nous sommes des républicains. Nous voulons qu’il renonce à son projet et qu’il fasse organiser des élections libres et transparentes pour permettre aux guinéens de choisir leur prochain président. » A commenté le chef de file de l’opposition,Cellou Dalein Diallo au micro de maguineeinfos.com
Il faut rappeler que la marche qui a paralysé toute la circulation dans la capitale guinéenne est jugée pacifique jusqu’au moment où elle a pris fin à 16 heures devant les leaders comme Sidya Touré, Abdoul Kabèlè, Chérif Abdallah du Goha, Faya millimono du BL, Siaka Barry et tant d’autres qui ont eu chacun droit à un discours qui visent à peu près le même objectif.
Mohamed Bah
Pour maguineeinfos.com