Hier jeudi 23 janvier 2020, en conseil des ministres, le gouvernement d’Ibrahima Kassory Fofona a demandé au président de la République de Guinée , Alpha Condé, de soumettre le projet de référendum au peuple de Guinée. Cette initiative qui donnerait la possibilité au Président actuel de faire un mandat de plus, préoccupés à plus d’un titre, les leaders du Front National pour la Défense de la Constitution FNDC.
Réunis en conférence de presse ce vendredi à Conakry, ils n’ont pas tardé d’instruire à ceux favorables à la modification ou au changement de la loi fondamentale, que cette démarche ne resterait sans conséquences dramatiques.
« L’obstination du Président Alpha Condé à soumettre au référendum un projet de nouvelle Constitution à l’effet de s’octroyer un troisième mandat illégal est en passe d’entraîner la Guinée dans un chaos aux conséquences irréversibles. Farouchement engagé à défendre les principes démocratiques dont la limitation du nombre de mandat consacré par la constitution en vigueur, le peuple de Guinée s’est opposé aux velléités de présidence à vie du Président Alpha CONDE avec une détermination sans faille», ont de nouveau, décidé les antis troisième mandat.
Il est important de le rappeler que des centaines de morts sont déjà enregistrées en Guinée, depuis le début de ces manifestations politiques à caractère pourtant pacifique. Malgré tout, le FNDC, opposé à toute velléité constitutionnelle, affirme encore que ni la répression sanglante des forces de défense et de sécurité, ni la stratégie d’ethnicisation de la lutte contre le troisième mandat employée par le pouvoir n’ont réussi à détourner les guinéens de leur quête. Et donc disent-ils, ce combat engagé pour l’alternance démocratique dans le respect des lois, est loin d’être à ces fins.
« Il ne faut plus prendre des gants avec un Président dont le cynisme et le mépris vis-à-vis du respect du droit à la vie de ses concitoyens transparaissent clairement de ses propos qui disent : » Dans les autres pays où il y a eu de nouvelles Constitutions, il y a eu beaucoup de manifestations, il y a eu des morts, mais ils l’ont fait ». Il ne faut plus prendre des gants avec un Président-Chef des armées dont les forces de défense et de sécurité tirent à bout portant sur des citoyens désarmés, y compris des enfants, tirent sur les corbillards et les ambulances, gazent des cimetières, sortent sans justification des corps de la morgue pour les abandonner à leur état de putréfaction…», se sont opposés les leaders par la voix d’Abdouhramane, le coordinateur du Front.
Après avoir juré de respecter et de faire respecter la Constitution à deux reprises, le Président Condé à en croire ces opposants, viole de nos jours son serment en se rendant coupable de parjure et de haute trahison vis-à-vis de son peuple pire, en appelle à l’affrontement au siège de son Parti. C’est pourquoi selon eux, il n’est plus question de rester bras croisés.
« Le temps n’est plus aux discours mais à la prise d’actions concrètes pour éviter à 12 millions de guinéens d’être pris en otage par un clan mafieux mû par des intérêts foncièrement égoïstes.
Le FNDC reste déterminé à défendre la démocratie et l’État de droit par toutes les voies autorisées par la Constitution et les autres lois de la République aussi longtemps que le pouvoir s’arc-boutera à son projet funeste de troisième mandat, quelques soit les sacrifices à consentir», ont-ils indiqué.
Face aux risques d’embrasement qui guettent la Guinée et la sous-région, le FNDC a profité de l’occasion comme toujours, de prendre en témoins, particulièrement la Communauté internationale, la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations Unies, ainsi que tous les partenaires techniques et financiers de la Guinée à prendre les mesures urgentes qui s’imposent avant qu’il ne soit trop tard.
Sâa Robert Koundouno pour maguineeinfos.com
