C’est un fait anodin qui fait la Une dans la cité de Karamoko Alpha Mo Labé et sur les réseaux sociaux. Un différend lié à la paternité d’un jeune oppose deux familles. Chacune d’entre elles tire les ficelles de son côté et soutient mordicus que le jeune est la sienne.
Ibrahima est le nom du jeune qui fait objet de discorde entre ces deux familles. Aujourd’hui, Ibrahima est devenu majeur. Pour tenter d’en savoir clair dans cette affaire qui alimente les débats, nous avons tendu la perche à celui qui se réclame être le Maître coranique de Ibrahima et son supposé père. Thierno Ibrahima Diallo raconte comment le jeune lui a été confié.
«Le lundi surpassé, des gens de Mali sont venus chez moi avec un jeune pour me dire qu’ils l’avaient perdu de vue et qu’ils viennent de le retrouver. Alors que je suis resté avec le jeune en question pendant 8 ans. C’est celui qui est assis à mes côtés là qui me l’a donné par le biais de son frère. Il est installé au Sénégal, il s’appelle Mody Aliou Souaré. C’est lui le père du jeune. Voici sa mère, elle s’appelle Aissata Sow.

Ils me l’ont donné lorsqu’il (Ibrahima,) était au Sénégal, en ce moment il n’était pas circoncis et il était âgé de 3 ans. C’est avec mes enfants qu’il a été circoncis. Après avoir fini d’observer sa période de circoncision, je suis allé avec lui au Sénégal pour en informer ses parents», raconte son «maître» coranique.

Thierno Ibrahima, au-delà d’être un éducateur islamique, est aussi un cultivateur. Il avait réparti ses disciples en de groupes qui se succèdent pour veiller sur son champ. C’est dans ça que le jeune Ibrahima a cessé de revenir en famille. Entre-temps, il a alerté un de ses fils sur la disparition du jeune.
«J’ai un fils qui s’appelle Thierno Abdoulaye, je lui ai dit de prêter attention au cas où il verra Ibrahima. Un jour, Ibrahima est venu le retrouver à Maleya, il l’a tout de suite reconnu et lui a demandé où est-ce qu’il se trouvait. Il a répondu qu’il est à Tountouroun. Thierno Abdoulaye m’a appelé pour me dire qu’il a vu Ibrahima et il lui a dit qu’il est à Tountouroun. Je lui ai dit de donner mon numéro à la famille dans laquelle il se trouve et qu’elle m’appelle. C’est ce qui fut fait. Ils m’ont dit qu’il y a un enfant chez eux du nom de Ibrahima, qu’il est venu du Sénégal pour apprendre le Coran. Je leur ai dit de me le ramener. Ils l’ont dépêché avec une personne pour venir me dire qu’ils sont ensemble et qu’il apprend à conduire le véhicule. Il m’a supplié d’attendre qu’il finisse cet apprentissage vu que ses parents sont pauvres avant de le ramener au Sénégal pour ne pas qu’il perde son métier, on s’est entendu sur ça», poursuit notre interlocuteur.
C’est le lundi passé, «alors que je couronnais un Talibé chez moi, j’ai vu la famille de Tountouroun où était établi Ibrahima et des gens de Mali venir chez moi. Dès que j’ai aperçu Ibrahima je l’ai reconnu. Ils avaient des colas, j’ai pensé qu’ils sont venus me dire qu’il a fini son métier et que c’est pour faire les bénédictions avant qu’il ne retourne au Sénégal. Les gens avec lesquels il vivait à Tountouroun ont décliné les motifs de leur venue. Ils m’ont fait savoir que des gens de Mali sont allés chez eux pour leur dire qu’ils avaient perdu leur enfant et qu’il s’agit de celui-ci. Mais qu’on ne pouvait pas le mettre à leur disposition sans venir vous informer puisque c’est vous qui nous l’avez confié. Après j’ai demandé à Ibrahima si c’est bien ces gens-là qui sont ses parents il a dit qu’il s’agit bien de ses parents. En ce moment mon salon était rempli, je leur ai expliqué comment je l’ai adopté. J’ai immédiatement informé ses parents au Sénégal», a expliqué ce maître coranique.
Sous l’émotion, le présumé père de Ibrahima n’a pas trouvé grand chose à dire concernant cette histoire.
«Je suis le père de Ibrahima. Thierno Ibrahima est allé jusque dans notre village, il a trouvé mon grand frère et lui a dit d’enseigner les enfants pour ne pas qu’ils soient des égarés. Koto Oumar m’a immédiatement appelé, il m’a dit : donne moi Ibrahima, je vais le confier aux savants pour qu’il apprenne le Coran. Je lui ai répondu que je le lui donne pour l’amour de Dieu. Maintenant, s’ils vont me le retirer par la force, c’est mon fils, au contraire, c’est aussi mon fils», a laconiquement dit, lames aux yeux, Mamadou Aliou Souaré.

A suivre pour la version de la famille antagoniste…
Mamadou Aliou Diallo pour maguineeinfos.org









