Dans un Communiqué publié ce lundi, 27 mars 2023, le Gouvernement guinéen à travers le Ministère des Transports a interdit aux mototaxis de circuler dans la commune de Kaloum. Cette nouvelle n’est pas partagée avec les conducteurs interrogés par Maguineeinfos.org. Rencontrés ce mardi matin à Cosa, des conducteurs ont exprimé leur inquiétude face à cette décision.
Ils rejettent l’idée du Gouvernement pour plusieurs raisons. D’abord, pour le faible revenu de ce travail en haute banlieue et ensuite, la rareté de la clientèle. Par contre, les prix au centre ville et la fréquence des passagers sont les atouts de certains motards.
« C’est une décision mal réfléchie. Sinon tout le monde connaît aujourd’hui ce que les taxi-motos rendent comme service aux citoyens de la Capitale, surtout à Kaloum pour éviter les bouchons. Il faut aussi noter le nombre d’emplois que ce secteur fait, même étant informel. Donc cette idée va non seulement favoriser les bouchons mais aussi ralentir nos activités. Moi qui vous parle je pouvais faire un seul voyage à Kaloum, ça me fait ma recette journalière. Donc si je fais deux ou trois tours en ville, j’ai déjà ma recette, mon carburant, ma dépense et argent de poche. Ce qu’on gagne à Kaloum, on ne peut pas gagner ça en banlieue. Moi je suis en banlieue (Cosa), mais j’ai beaucoup de clients que j’envoie souvent en ville », a confié Oumar Barry, rencontré au rond-point Cosa.
Un autre interlocuteur marche sur la même ligne et affiche les raisons de son choix de la ville comme zone de travail.
« Moi je suis à Petit Simbayah. Mais chaque jour je me lève très tôt pour aller en ville, c’est là-bas je travaille sur des différents trajets, je rentre le soir. Mais franchement, je préfère faire mes courses là-bas que dans les périphéries. Les prix de Kaloum sont beaucoup plus élevés que le reste de la Capitale », explique Therno Ismaila Bah.
En plus des conducteurs, des passagers sont aussi touchés par la décision du Pouvoir.
« Les autorités ont leur raison d’interdire les moto-taxis à Kaloum. Mais en réalité, cette activité aide beaucoup dans la fluidité de la Circulation. Il y a de ces courses que tu ne peux pas faire avec la voiture. Avec la moto c’est très facile de rallier certains endroits. A mon avis, on peut réglementer ce secteur mais en laissant les conducteurs continuer à rouler », exhorte un habitant de Cosa, transitaire au Port Autonome de Conakry.
Adama Diallo









