Sans doute, les expressions ‘’ Amoulanfé ‘’ et ‘’ Alanmanè ‘’, sont les plus utilisées en ce moment en Guinée. La première veut tout simplement dire que ça ne marchera pas, tandis que, la seconde exprime le contraire. Elles font allusion au débat relatif au projet de nouvelle constitution dans le pays. D’un côté, le Front national pour la Défense de la Constitution (FNDC), s’oppose à toute éventuelle modification de l’actuelle loi fondamentale. De l’autre, la mouvance présidentielle à travers la Coalition démocratique pour la Nouvelle Constitution (CODENOC), entend doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale. Au sein de l’opinion nationale, chacun y va de son commentaire.

Interrogé sur le sujet, Billy Nan Kouma Condé, ne trouve pas mauvais le projet de nouvelle constitution. Par contre, il souhaite que la nouvelle génération prenne le relais : « Cela fait plusieurs décennies maintenant que notre pays est dirigé par les vieilles personnes. Je ne suis pas contre cette modification de l’actuelle constitution, mais à condition qu’elle permette aux jeunes talentueux d’accéder au pouvoir afin de renouveler cette vieille classe politique. Mouvance et opposition, on voit toujours les mêmes têtes », déplore-t-il.

De son côté, Hadja Fatoumata Barry, marchande au marché Madina, considère ce débat en cours dans le pays comme une perte de temps : « Moi, je ne vois aucune importance à ce débat de ‘’Alanmanè’’ ou bien ‘’Amoulanfé ‘’. Ce ne sont que des tueries que cette bataille au tour du projet de nouvelle constitution engendre. Une vingtaine de jeunes ont perdu la vie depuis le début des manifestations du FNDC. Les deux camps, doivent trouver un terrain d’entente, pour que nous sortions notre pays de cette impasse », suggère-t-elle.

« Le régime actuel, ne doit pas modifier cette constitution qu’il a trouvée en place », estime Souleymane 2 Diallo. Selon cet étudiant, cette volonté de modifier la constitution crée des divisions au sein de la société, et par ricochet, met le pays en retard. D’où son invite à l’endroit du pouvoir en place : « Le régime actuel, a été élu démocratiquement. Le président Alpha Condé doit œuvrer en faveur d’une alternance démocratique apaisée. La majeure partie de la population est pauvre. Quand il y a des tensions sociopolitiques dans le pays, cela joue négativement sur le panier de la ménagère, car, le Guinéen vit péniblement. Renoncer à ce projet de nouvelle constitution, serait une victoire énorme pour le président, pour avoir transmis le pouvoir à successeur après dix ans à la tête du pays ».

En décembre prochain, le mandat du président actuel prendra fin. Reste à savoir maintenant si oui ou non, il briguera à nouveau, la magistrature suprême.

Mohamed Lamine Souaré pour Maguineeinfos.com